La juge Christine Lafrance a penché en faveur de la CNESST, en imposant à l’entreprise une amende de 40 000 $.

Travailleur électrisé, entreprise rabrouée

Une entreprise est mise à l’amende pour avoir négligé la sécurité d’un travailleur, amputé après avoir subi une importante décharge électrique sur un chantier de construction, à Gatineau.

La juge Christine Lafrance a penché en faveur de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), en imposant à l’entreprise, Les Pompes Méga, une amende de 40 000 $, le 30 août dernier, au palais de justice de Gatineau.

L’incident s’est produit lors de travaux de coulée de béton sur le pont du château d’eau du ruisseau de la Brasserie, dans le Vieux-Hull.

Dans sa décision, la juge décrit les événements ayant provoqué des blessures si graves que le travailleur a dû subir l’amputation d’une jambe. De plus, l’homme n’aurait toujours plus de sensations dans l’autre pied.

« Le bras articulé du mât de distribution de la pompe à béton passe trop près de fils électriques, créant ainsi un arc électrique, écrit la magistrate. Deux travailleurs sont électrisés : celui qui opère l’embout du bras articulé pour diriger la coulée de béton et celui appuyé sur la benne de la pompe à béton. »

Le travailleur de 47 ans a, en plus de son amputation, subi des fractures au cou, et souffre toujours de douleurs chroniques.

La Loi sur la santé et la sécurité au travail prévoit des amendes de 15 000 $ à 60 000 $ pour ce type d’infraction visant un employeur négligent.

L’entreprise Pompes Méga a fait valoir qu’elle n’avait aucun antécédent en la matière et qu’elle avait fait preuve de diligence en se munissant d’un « limiteur de portée » servant à prévenir qu’un bras mécanique touche des fils électriques dans une zone prédéterminée.

La juge a retenu que « la planification des travaux s’est avérée déficiente » et que personne ne s’était informé de la compréhension quant au fonctionnement du limitateur de portée.

« Le matin de l’accident, Pompes Méga ne se soucie aucunement de la sécurité des travailleurs présents sur le chantier alors qu’elle sait que leur pompe à béton y sera utilisée », tranche la juge Lafrance.