Des gens d'affaires devront s'adresser à la Cour supérieure pour résoudre le conflit opposant l'ancien propriétaire de Tubes et Jujubes Anouar Nemry et l'acheteur Michel Murphy.

Transaction contestée chez Tubes et Jujubes: pas un jeu d’enfants

Le centre d’amusement familial Tubes et Jujubes de Gatineau est au cœur d’une bisbille entre des gens d’affaires, qui doivent maintenant s’adresser à la Cour supérieure pour dénouer l’impasse.

La vente, en 2014, du site bien connu des tout-petits et de leurs parents, semble ne pas aller comme sur des roulettes.

Un juge devra, selon toute vraisemblance, trancher dans un conflit opposant l’ancien propriétaire, Anouar Nemry, et l’acheteur, Michel Murphy.

Le nouveau propriétaire réclame 346 000 $ à M. Nemry, qu’il accuse de lui avoir caché certaines dépenses et autres colonnes rouges. Le commerce, populaire, engendrait de bons revenus, soutient M. Nemry.

De façon générale, M. Murphy, le nouveau propriétaire de Tubes et Jujubes, reproche à M. Nemry de ne pas lui avoir donné tous les chiffres comptables lui permettant de prendre une décision éclairée avant de procéder à l’acquisition du commerce situé sur la rue Devault, dans le secteur Hull.

Les choses sont loin d’être simples comme un jeu d’enfant dans cette affaire, confiée aux tribunaux en 2017.

Chacune des requêtes de la poursuite et de la défense démontrent la vision opposée des deux parties, qui ont pourtant conclu un marché de 630 000 $, le 22 juillet 2014.

« Sur la foi des représentations du défendeur Nemry et de sa croyance sur l’exactitude des documents qu’elle a consultés, la demanderesse a procédé à la transaction », lit-on dans la poursuite de M. Murphy.

Selon cette poursuite, des dépenses liées à des réparations à faire, quelques salaires et vacances à rembourser, une mise à niveau des normes de sécurité incendie, et des factures antérieures, sont quelques dépenses considérées imprévues et inconnues, au moment de la transaction.

M. Murphy demande aussi à la Cour supérieure d’ordonner une diminution du prix de vente.

Sauf que...

Dans sa défense, Anouar Nemry explique avoir pris la décision de vendre son commerce en 2013. Il a retenu les services d’un courtier en vente d’entreprises, mandaté de trouver un acheteur.

M. Nemry indique, dans sa défense, avoir retenu les services d’un courtier en particulier « en dépit du fait des honoraires élevés de 12 % qu’il réclamait, compte tenu de sa grande expertise dans le domaine de la vente d’entreprise, le domaine financier et le domaine informatique ».

Ce courtier était Michel Murphy. Le prix de vente a été fixé à 725 000 $.

Une première offre de Sportmax leur est parvenue, mais les 560 000 $ offerts n’ont pas satisfait M. Nemry.

Dans sa même défense, M. Nemry affirme que M. Murphy a recommandé le rejet de cette offre d’achat « en se disant plutôt intéressé à acquérir le commerce avec son épouse (...) provoquant par le fait même une forte réaction de l’acheteur Sportmax ».

M. Nemry affirme que ses livres comptables ont toujours été ouverts aux acheteurs potentiels.

La transaction de 630 000 $ entre M. Nemry et M. Murphy a été conclue.

« Lors de la transaction, Michel Murphy a touché sa commission de 86 921,10 $, tel qu’il appert de la facture (...) datée du 17 juillet 2014 », lit-on dans les documents judiciaires consultés par Le Droit. Selon le défendeur, le poursuivant « bénéficiait d’une position privilégiée afin d’obtenir l’ensemble des informations financières » sur Tubes et jujubes. Il aurait dû savoir, selon le défendeur, peser les pour et les contre d’une telle transaction.

L’affaire n’a pas encore été entendue dans son intégralité par un juge. D’ailleurs, aucune date d’audition n’a encore été retenue.