Deux parents de Nicolet et leur enfant de 4 ans sont décédés samedi dans un accident de motomarines sur la rivière Nicolet.
Deux parents de Nicolet et leur enfant de 4 ans sont décédés samedi dans un accident de motomarines sur la rivière Nicolet.

Tragique accident de motomarine à Nicolet: de l’aide pour les pompiers

TROIS-RIVIÈRES — Les autorités tentent toujours d’expliquer les circonstances de la mort d’Alexandre Gauthier, 34 ans, Édith Gélinas, 32 ans, et de Mavrick, leur fils de quatre ans, lors d’un accident de motomarine samedi sur la rivière Nicolet près du Club nautique de la Batture. Durement secoués par cette opération de sauvetage et les décès tragiques de trois membres d’une même famille, les pompiers de Nicolet auront droit à du soutien psychologique.

Tel que l’a avoué Martin Provencher, le directeur de la sécurité publique et incendie de Nicolet, dans l’article Tragédie nautique de Nicolet: «une intervention à haut degré d’émotivité» publié dimanche par Le Nouvelliste, l’opération de sauvetage nautique a été très difficile pour les premiers intervenants. Deux pompiers avaient même un cousin parmi les personnes impliquées dans l’accident.

Joint en milieu de journée lundi, Martin Provencher assure toutefois que des services de soutien psychologique seront offerts aux pompiers. «Dimanche, j’ai appelé tous les pompiers pour savoir comment ils allaient. Et lundi après-midi, je suis à l’hôtel de ville avec les ressources humaines pour organiser possiblement une rencontre avec tous les intervenants», mentionne M. Provencher.

Une rencontre permettra aux intervenants qui ont pris part à cette opération difficile de discuter avec des professionnels de la santé et ensuite pouvoir être orientés vers les bons services. Les pompiers de Nicolet ont droit à un programme d’aide dans le cadre de leurs fonctions, précise Martin Provencher.

«On a un suivi qu’on va faire avec eux. J’ai deux de mes pompiers que c’était leur cousin. C’est sûr qu’on va suivre ça de très près», affirme le directeur de la sécurité publique et incendie.

«Il n’y a pas une formation qui nous montre comment réagir à ces tragédies-là.»

Plusieurs témoins de l’accident ont aussi porté au secours des victimes. Des manoeuvres de réanimation ont été entreprises, mais sans succès. Ces personnes aussi doivent se remettre de leur difficile expérience.

L’enquête se poursuit

À l’approche du Club nautique la Batture, les plaisanciers doivent diminuer leur vitesse à 5 km/h. Selon les informations recueillies sur place, Alexandre Gauthier a observé la directive et diminué les gaz de sa motomarine.

Édith Gélinas.

Mais le conducteur de la motomarine qui suivait derrière, qui serait un ami de la victime alors accompagnée d’une fillette de 8 ans, aurait eu une distraction. Ne voyant pas la motomarine devant lui diminuer sa vitesse, il n’aurait alors pu éviter l’impact. La collision aura été fatale pour le couple et leur fils de 4 ans.

La Sûreté du Québec a ouvert une enquête pour faire la lumière sur les circonstances de l’accident. Pour l’instant, l’hypothèse privilégiée est en effet celle de la distraction du conducteur de la motomarine qui a heurté celle où se trouvaient les trois victimes. L’homme dans la quarantaine a subi des blessures graves, mais sa vie n’est pas en danger.

Les motomarines peu impliquées dans des accidents

Par ailleurs, toutes les personnes impliquées dans l’accident de Nicolet portaient une veste de flottaison. Selon Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage, les utilisateurs de motomarines au Québec portent généralement une veste pour pratiquer leur activité nautique. Sans vouloir minimiser les décès survenus samedi à Nicolet, M. Hawkins précise que les décès liés à la pratique de la motomarine sont plutôt rares au Québec.

De 2009 à 2015, sur 133 décès associés à la navigation récréative au Québec, trois seulement impliquent une motomarine, alors que 34 impliquent un canot et 62 un bateau à moteur.

«Je ne minimise pas l’accident de samedi, pour moi c’est toujours triste et horrible de voir des personnes décédées d’une activité nautique», affirme M. Hawkins en mettant en perspective les statistiques tout en ajoutant que la motomarine présente toutefois certaines particularités de la conduite.

«Ce qu’on sait toutefois, c’est que la motomarine est un engin qui n’a pas de système de freinage ou de système de renverse. Il faut être capable de manœuvrer de façon franche et directe.»

Plusieurs éléments importants qui permettraient de bien comprendre ce qui s’est passé sont toujours inconnus, rappelle Raynald Hawkins. Quelle a été la source de distraction du deuxième conducteur? Est-ce que les conducteurs avaient reçu les formations nécessaires à la navigation de plaisance? Il mentionne que l’enquête devrait faire la lumière sur ces éléments. De plus, le directeur général de la Société de sauvetage laisse le soin au Bureau du coroner de déterminer si un enfant de 4 ans avait sa place sur une motomarine.

Sur le site de l’accident lundi et au Club nautique la Batture c’était le calme plat. Alors qu’aucune trace du drame n’était visible, les passants étaient également peu nombreux. Rien n’aurait pu laisser présager qu’un tel événement s’était produit au même endroit samedi.

Alexandre Gauthier et son fils Mavrick.

On pouvait cependant voir au passage quelques automobilistes curieux ralentir à l’approche du Club nautique de la Batture, sans toutefois s’y arrêter.

Avec la collaboration d’Amélie Houle