HALIFAX — Des experts croient que l’incendie meurtrier qui a décimé une famille de réfugiés syriens à Halifax la semaine dernière pourrait mener à de nouvelles mesures de sécurité incendie au pays et à des modifications aux codes du bâtiment.

Tirer des leçons de l’incendie de Halifax pour la construction résidentielle

HALIFAX — Des experts croient que l’incendie meurtrier qui a décimé une famille de réfugiés syriens à Halifax la semaine dernière pourrait mener à de nouvelles mesures de sécurité incendie au pays et à des modifications aux codes du bâtiment.

Phil Rizcallah, directeur de la recherche et du développement pour le secteur de la construction au Conseil national de recherches du Canada, a indiqué en entrevue lundi que l’agence fédérale étudiera minutieusement les rapports du coroner et du commissaire aux incendies. Le service des incendies de Halifax continue d’enquêter sur les causes de la tragédie.

Des témoins ont soutenu que le feu s’était propagé très rapidement dans cette maison nouvellement construite. Le chef des pompiers de Halifax, Dave Meldrum, refusait la semaine dernière de spéculer sur la cause du sinistre.

Il a toutefois déclaré aux journalistes que «les nouvelles maisons sont construites avec des matériaux légers: une fois que des barrières coupe-feu ont été franchies, le feu peut se propager rapidement».

Mike Holmes, un important entrepreneur en construction canadien, qui anime aussi des émissions à la télévision, a estimé lundi que les nouvelles maisons devraient être construites avec des matériaux résistant au feu. Il fait remarquer que les anciennes maisons ont été construites avec du bois de feuillus ou du bois vieilli, aux grains plus serrés et plus résistants à la propagation des flammes.

Selon M. Holmes, le «bois jeune» utilisé dans les nouvelles maisons est plus inflammable.

«On peut tout à fait construire avec du bois: il faut simplement le traiter adéquatement», a déclaré le populaire entrepreneur. «Il existe des aérosols qui peuvent aider à réduire le risque de combustion rapide.»

M. Holmes rappelle que les codes du bâtiment fixent des normes minimales et que les propriétaires pourraient exiger des constructeurs des normes plus strictes, y compris des matériaux résistant au feu. Sinon, certains propriétaires pourraient se tourner vers les systèmes de gicleurs, croit-il.

M. Rizcallah, du CNRC, a toutefois indiqué que la Commission canadienne des codes du bâtiment et de prévention des incendies, une agence fédérale, avait conclu il y a un an qu’il n’existait pas suffisamment de preuves pour imposer l’utilisation de gicleurs dans toutes les nouvelles maisons - bien que des normes aient été établies.

Le premier code national du bâtiment a été publié en 1940, mais M. Rizcallah indique qu’il est mis à jour tous les cinq ans sur la base des dernières recherches et technologies. Même s’il soutient que les maisons sont nettement plus sûres qu’il y a 20 ans, M. Rizcallah estime que les propriétaires devraient prendre certaines précautions simples - notamment installer des détecteurs de fumée interconnectés à chaque étage, limiter les combustibles dans la maison et établir avec la famille un plan de lutte et de sauvetage.

Les membres de la famille Barho étaient arrivés au Canada il y a 18 mois en tant que réfugiés syriens. L’incendie de mardi dernier a coûté la vie aux sept enfants. Le père, Ebraheim Barho, est toujours à l’hôpital après avoir subi de nombreuses brûlures. La mère, Kawthar Barho, a assisté samedi aux funérailles qui ont réuni 2000 personnes à Halifax.