Le drame s'est produit le 18 janvier 2017, à la résidence de la femme de 83 ans, sur le boulevard Cité-des-Jeunes, à Gatineau.

Thérèse Gauvreau: Dupuis «entendait des voix»

Déconnecté de la réalité lors du meurtre de Thérèse Gauvreau, le 18 janvier 2017, à Gatineau, Jean-François Dupuis est aujourd’hui reconnu criminellement non-responsable de ses actes.

Celui qui a tué la dame de 83 ans, sur le boulevard Cité-des-Jeunes, a connu son sort, vendredi, au palais de justice de Gatineau.

La juge Catherine Mandeville, de la Cour supérieure, s’est rangée derrière la Couronne et la défense, qui lui ont fait une proposition conjointe, après l’enquête préliminaire qui a eu lieu en octobre dernier.

Selon eux, il fallait déclarer le jeune Dupuis criminellement non-responsable pour cause de troubles mentaux.

Le rapport psychiatrique était sans équivoque : le prévenu ne réalisait pas que ce qu’il faisait était mal.

Le jeune homme de 22 ans était accusé du meurtre sans préméditation.

Dupuis était un habitué de l’hôpital psychiatrique Pierre-Janet bien avant de commettre le pire.

Il a été arrêté après avoir battu sa victime à mort, avec une pelle.

Selon un voisin, le suspect en crise a tenté de s’introduire chez lui avant d’aller chez la victime, où le meurtre s’est produit, une trentaine de minutes plus tard.

Jean-François Dupuis sera incarcéré à l’institut psychiatrique Philippe-Pinel de Montréal. Il y restera tant et aussi longtemps qu’il représentera un danger pour la société.

Deux principes

Dans son jugement, Catherine Mandeville explique que sa décision est appuyée sur deux principes : la présence d’un trouble mental, et le fait que le trouble en question ait empêché l’individu de savoir que ses actes étaient mauvais.

La juge a répondu par l’affirmative à ces deux questions.

« Les troubles existaient depuis l’âge de 18 ans. Il entendait des voix, croyait que des gens l’écoutaient, avait des épisodes de paranoïa, des idées avec un spectre de délire, affirmait être Jésus Christ, disait pouvoir battre Georges St-Pierre (champion d’arts martiaux mixtes), avait peur de se faire tuer », a résumé la magistrate.

La famille de Mme Gauvreau n’a pas commenté à sa sortie de la salle d’audience. Certains membres avaient des larmes aux yeux. Le procureur de la Couronne, Sylvain Petitclerc, avait pris soin de leur expliquer, avant le prononcé de la décision, qu’il était fort possible que l’accusé soit ainsi reconnu non criminellement responsable.

De l’autre côté de la salle, des proches de M. Dupuis semblaient aussi attristés de la situation.

L’avocat de M. Dupuis, Me Jean-François Benoit, a parlé du constat d’échec du système de santé.

« Est-ce que justice a été rendue ? C’est triste qu’une personne soit décédée dans tout cela, a commenté Me Benoit. C’est triste de voir qu’il a fallu un événement de cette ampleur pour que monsieur soit pris en charge. C’est pour cela que je suis un peu amer. Le problème, c’est ce qui est arrivé avant les événements (...) Il y a eu des appels à l’aide de la famille Dupuis. Je suis convaincu qu’un support plus adéquat aurait permis que cet événement n’arrive pas. »