Shakti Ramsurrun

Suicidaire, Ramsurrun a aussi menti

Accusé de triple meurtre, Shakti Ramsurrun a avoué avoir menti aux policiers, le jour de son arrestation à Gatineau, dans le but de gagner du temps et de revoir son fils.
Le 24 mai 2012, le lendemain des meurtres sordides de sa conjointe Anne-Katherine Powers et des parents de celle-ci, Louise Leboeuf et de Claude Lévesque, M. Ramsurrun s'est rendu au club de golf Rivermead, dans le secteur Aylmer.
Sur place, il a raconté à une de ses collègues de travail que des hommes masqués s'étaient introduits dans la résidence des victimes, et qu'il avait pris la fuite avec l'enfant.
La Couronne l'accuse d'avoir tué, de dizaines de coups de couteau de cuisine, les trois personnes de façon préméditée parce qu'il était sommé de quitter le foyer après sa séparation conjugale.
« Ma première inquiétude, a dit Shakti Ramsurrun, lundi, c'était mon enfant (issu de l'union avec Mme Powers). J'ai dit tout cela à la police, pour voir mon fils. Je voulais que les policiers aient un doute sur quelqu'un d'autre, pour être libéré et voir mon fils. »
M. Ramsurrun a dit qu'il ne faisait pas confiance à la police à l'époque, et qu'il ne connaissait pas l'existence des services sociaux comme la Direction de la protection de la jeunesse, l'aide juridique, ou même du 9-1-1.
Aujourd'hui âgé de 33 ans, le prévenu en avait 28 lorsqu'il est arrivé de l'île Maurice, petit pays de l'océan Indien.
Serveur sur un bateau de croisière, il a connu la jeune Anne-Katherine, une passagère de Gatineau voyageant avec ses parents.
Ramsurrun, contre-interrogé par le procureur de la Couronne Sylvain Petitclerc, lundi, a dit qu'il voulait sortir de la maison d'Aylmer, le 23 mai 2012. « Mon but était le suicide, a-t-il dit. Je voulais aller me jeter dans la rivière (des Outaouais), dans les cascades. Je n'avais pas de place où aller. »
En voulant sortir, il dit s'être buté à Louise Leboeuf, qui venait de lui dire qu'il n'avait plus d'enfant.
Il dit avoir le souvenir vague de Louise, ensanglantée, dans ses bras.
Selon la défense, cette affaire en est une de triple homicide involontaire, et non de meurtres avec préméditation.
Le procès se poursuit cette semaine au palais de justice de Gatineau.
« Vous avez menti à la police, à votre mère (après les événements) à Nicole (la collègue de travail) ? », a demandé Me Petitclerc.
L'accusé a acquiescé, expliquant son geste, entre autres, par la panique.