Le belle-mère de «l'enfant martyr de Kanata» connaîtra sa sentence le 20 janvier.

Sortie de prison ou longue peine de pénitencier pour la «marâtre de Kanata»

La belle-mère de « l'enfant martyr de Kanata » pourrait sortir de prison dans les prochains jours, ou passer cinq ans derrière les barreaux.
Le juge Robert Maranger a entendu les représentations sur la sentence de l'accusée, femme d'un ancien policier de la GRC affecté aux affaires de terrorisme et bourreau de son propre fils pendant plus de six mois.
Il s'agit d'une des dernières étapes de ce long et difficile procès, qui a marqué les esprits par la violence des gestes du père a l'endroit de son fils, retrouvé dans un état famélique, dans le secteur Kanata, à l'hiver 2013.
L'enfant a été battu, brûlé, humilié et enchaîné dans le sous-sol de la maison familiale.
Il a réussi à s'échapper pour demander de l'aide à des voisins.
La femme savait ce qui se passait chez elle, a maintenu la Couronne, tout au long du procès.
Bien qu'elle ait participé dans une moindre mesure aux gestes répréhensibles envers l'enfant, la belle-mère s'est livrée elle aussi à des actes de violence sur le jeune garçon, un préadolescent de 11 ans, à l'époque.
La femme a été reconnue coupable d'agression armée. Lors du procès, le ministère public a révélé des épisodes dans lesquels elle assénait des coups de cuillère de bois à l'enfant.
Elle a aussi été reconnue coupable d'avoir failli à fournir le nécessaire à la vie de la jeune victime.
Son avocate, Me Ann London Weinstein, a demandé au juge d'imposer une sentence qui ne soit pas le reflet d'un certain désir de vengeance de l'opinion publique.
Elle a décrit sa cliente comme étant une « contrevenante passive », « coupable pas omission ».
Selon elle, une peine d'un an et neuf mois pour avoir failli à fournir le nécessaire à la vie de l'enfant, plus un mois pour agression armée et une année de probation serait suffisant.
Cette période de détention équivaut au temps déjà purgé de façon préventive.
La procureure de la Couronne, Me Marie Dufort, a refusé l'idée d'une femme « passive ». 
Selon le ministère public, la femme intelligente et avisée aurait pu venir en aide à la victime, mais elle s'est mis les mains devant les yeux, gardant un réfrigérateur plein de nourriture pour les autres membres de la famille.
« L'enfant était en train de mourir et elle le savait », a plaidé la procureure.
Le ministère public a soutenu mardi qu'une peine de cinq ans serait appropriée. Le juge Marenger rendra sa décision le 20 janvier prochain.
Le père, principal accusé, entendra les représentations sur sa sentence en mars 2017.
Aujourd'hui âgé de 14 ans, l'adolescent a dit mieux se porter. Une vidéo, présentée en cour, mardi, a été enregistrée la semaine dernière.
L'adolescent y apparaît en meilleure santé qu'il y a trois ans.
Il raconte comment il évite les questions sur ses marques physiques, et comment il tente de refaire sa vie, entre autres, en prenant soin de son neveu, « un bébé souriant » qui le ramène à la beauté de la vie.
La tante de la victime a aussi livré un vibrant témoignage, a la barre des témoins.
Elle a parlé des difficiles images mentales - décrites lors du procès - de l'enfant gisant au sous-sol pendant que le reste de la famille mangeait a l'étage supérieur.
La tante est la soeur de la mère biologique de l'enfant, qui en avait la garde légale avant de décéder.
Une ordonnance de non-publication dans ce dossier vise à protéger toute information pouvant identifier la victime.