Daniel Semples doit purger encore 5 ans et 9 jours derrière les barreaux, en raison du temps de détention préventive.

Six ans pour l'homicide de son meilleur ami

La voix douce et les larmes aux yeux, Annie Charron accueille très mal la sentence imposée au meurtrier de son fils. Daniel Semples a plaidé coupable à une accusation réduite d'homicide involontaire de Nicolas Quintal, en octobre dernier.  Le tueur a reçu une peine de six ans de pénitencier, mercredi, au palais de justice de Gatineau, une sentence qui représente pour elle une défaite bien amère, après avoir attendu quatre ans pour obtenir justice.
La juge Catherine Mandeville, de la Cour supérieure du Québec, a penché en faveur de la défense, qui demandait une peine de quatre à six ans de détention.
La Couronne avait plaidé pour une sentence de 10 à 12 ans.
«C'est très décevant», a commenté la mère de Nicolas Quintal, Annie Charron.
«Ce n'est pas beaucoup, six ans. Entre vous et moi, on sait qu'il va sortir dans deux ans et demi, trois ans, pour ce qui était au début un meurtre au deuxième degré (sans préméditation). Je suis déçue de la justice, mais je m'y attendais.»
Daniel Semples pourrait demander sa libération conditionnelle après avoir purgé la moitié de sa peine. Il a purgé l'équivalent d'un an de façon préventive. Il devra passer les cinq prochaines années derrière les barreaux, s'il ne satisfait pas aux critères de la Commission des libérations conditionnelles.
Selon Mme Charron, la Couronne devrait porter la sentence en appel.
Annie Charron accueille très mal la sentence imposée au meurtrier de son fils.
La mère est en désaccord avec la magistrate, qui n'a pas mis assez d'emphase, selon elle, sur «l'acharnement» du tueur de son fils.
«Il s'est acharné en mettant un sac sur la tête (de Nicolas), l'étranglement après le coup de bâton. Tu le mets tout nu dans la valise d'un char, tu vas le laisser dans un fossé. Moi j'appelle ça de l'acharnement. (...) Je n'appelle pas cela 'involontaire'.»
La mère s'est dite déçue par les quatre ans et demi d'attente, entre le drame et le prononcé de la sentence. Elle n'accepte pas, non plus, les excuses que Daniel Semples a présentées à sa famille, au début du mois.
En levant les yeux vers le ciel, Mme Charron a dit: «Il s'arrangera avec mon fils en temps et lieu.»
Dans sa décision, la juge Mainville a expliqué que ce cas particulier méritait d'être étudié de façon objective. Elle a souligné les rapports psychologiques de l'accusé qui le décrivent comme un jeune homme capable de réhabilitation, présentant un faible risque de récidive. Son état d'esprit, au moment des faits, était brouillé par une lourde dépression. Elle croit sincères les excuses et les remords de Daniel Semples.
«C'est un drame humain d'une tristesse inconcevable», a commenté la juge.
L'avocat de l'accusé, Me Daniel Cyr, s'est dit satisfait de la sentence. «La responsabilité morale, ce qu'avait l'individu en tête au moment de l'infraction, le côté psychologique, la dépression, l'immaturité sexuelle de l'individu, l'absence d'antécédent, a amené la décision ailleurs que dans la fourchette du haut (les 10 à 12 ans demandés par la Couronne).»
Les procureurs de la Couronne au dossier n'ont pas commenté, refusant de confirmer s'ils portaient l'affaire en appel ou non.
La soirée fatidique
Le soir du 28 avril 2012, Nicolas Quintal s'est rendu au domicile de son meilleur ami, Daniel Semples. À l'époque, M. Quintal voulait sommer son ami de cesser de parler à sa copine.
Daniel Semples, alors âgé de 19 ans, avait effectivement développé des sentiments pour la jeune femme. Dépressif, Daniel Semples est devenu obsédé par la copine de son meilleur ami.
La discussion autour du feu, ce soir d'avril, a mal tourné. Enragé par l'ultimatum de son ami, Daniel Semples s'est levé, et à l'insu de Nicolas, a empoigné une barre de métal pour lui en asséner un violent coup derrière la tête.
En convulsions, ses signes vitaux ont disparu. 
Le tueur a étranglé sa victime avec une ficelle, puis une ceinture. Il a mis un sac de plastique sur la tête de Nicolas Quintal, et a déplacé le corps nu dans un boisé situé huit kilomètres plus loin.
Daniel Semples a appelé le 9-1-1, le lendemain, pour alerter les autorités. 
Plus tard, il a été interrogé pendant de longues heures par la Sûreté du Québec, avec qui il est retourné sur le lieu du crime pour finalement tout avouer.