Lyne Fortin s’est fait voler, de nuit, la totalité des 2000 plants d’ail qu’elle et son conjoint s’apprêtaient à récolter prochainement. Seul un plant a été oublié en bordure d’un fossé, près de la route.

Ses 2000 plants d’ail subtilisés en une seule nuit

Lyne Fortin des Jardins Côte à Côte à Shefford n’aurait jamais cru que cela aurait pu lui arriver. Les quelque 2000 plants d’ail qu’elle et son conjoint, Maher Hanna, s’apprêtaient à récolter prochainement ont été volés en l’espace d’une nuit.

« Je suis partie dans la nuit de lundi à mardi. Et quand je suis revenue mardi, on n’avait plus d’ail du tout. C’est assez frustrant ! Le champ a été nettoyé au complet », a laissé tomber Mme Fortin.

Seul un plant, oublié, a été retrouvé près d’un fossé situé en bordure de la route.

Selon Lyne Fortin, la situation est d’autant plus « aberrante » que les Jardins Côte à Côte n’est pas un gros producteur. L’endroit ne s’affiche même pas en bordure du chemin des Côtes, où il a pignon sur rue. « Je ne pense pas qu’on nuit à quelqu’un dans la région », laisse-t-elle tomber.

Le couple vend son ail entre autres par l’entremise de sa petite communauté Facebook et auprès de certains résidants de la région. « On n’a pas de kiosque à la ferme. On n’est pas assez gros pour ça », souligne Mme Fortin.

Selon elle, les ventes potentielles de l’ail qu’elle et son conjoint ont bichonné au cours des derniers mois auraient pu leur rapporter environ 4000 $.

Résidants auparavant à Montréal, Lyne Fortin et Maher Hanna se sont lancés dans cette aventure il y a trois ans, lorsqu’ils ont fait l’acquisition d’une propriété à Shefford. Ils ont décidé de cultiver une partie du terrain qu’ils avaient, plutôt que d’entretenir une vaste étendue de gazon.

« Ce n’est pas une business. On fait ça pour utiliser la terre et créer des liens avec les gens d’ici. On est fiers de notre production. C’est à petite échelle, fait de façon artisanale et avec soin. On y croit et on pense qu’il y a plein de bénéfices à en retirer », affirme Mme Fortin.

Pas rassurant 

Mais la fâcheuse découverte mardi de son champ fraîchement dégarni a ébranlé Lyne Fortin. Celle-ci affirme ne pas être trop rassurée, dans les circonstances.P

Ses allées et venues, ainsi que celles de son conjoint, ont dû être surveillées, croit la copropriétaire des Jardins Côte à Côte.

Aussi, affirme-t-elle, celui ou ceux qui ont mis la main sur son ail de façon illicite devaient s’y connaître et savoir que le temps des récoltes était pratiquement venu. « Il faut que ce soit quelqu’un qui est capable de les revendre parce qu’on n’écoule pas ça sur le coin d’une rue », laisse-t-elle tomber.

Autre détail non négligeable : seuls les plants à maturité ont disparu. Les plants, plus petits, utilisés pour les semences, sont demeurés en place. Même chose pour les cerises de terre et les fèves edamame que le duo cultive aussi. « Ça n’a pas été fait par hasard », relève Maher Hanna.

Depuis, le couple a remis en question ses choix. « Mais on a décidé de continuer au moins un an. On va voir. On va aussi essayer de voir comment se protéger. Mais ce n’est pas drôle d’être rendu là. On parle de légumes... », déplore Lyne Fortin.

Engouement

Mme Fortin affirme avoir contacté la Sûreté du Québec. Mais il n’y a rien à faire. « La probabilité qu’on retrouve ceux qui ont fait ça est très faible... », reconnaît-elle.

Les propriétaires des Jardins Côte à Côte ont rapporté leur mésaventure sur Facebook. Cela a entraîné une vague de soutien et d’indignation. « Le capital de sympathie fait du bien », glisse Lyne Fortin. « Mais ça ne fait pas pousser de l’ail », renchérit son conjoint avec une pointe d’amertume.

Une résidante de Saint-Joachim-de-Shefford a relevé sur les réseaux sociaux que ses voisins se seraient aussi fait voler leur ail de façon similaire. Mais il a été impossible d’en obtenir la confirmation.

Mme Fortin affirme que l’ail du Québec, entre autres plus goûteux que l’ail importé, a de plus en plus la cote. Et la production québécoise est loin de répondre à la demande. Cela pourrait entre autres expliquer la disparition de ses plants.

« Ce sont nos aventures de nouveaux agriculteurs, déplore Lyne Fortin. Si on peut passer un message aux gens, c’est de ne pas acheter leur ail n’importe où et de n’importe qui. C’est toujours bien de bien connaître son producteur. »