Guy Boileau et Marie-Jeanne Côté ont tenu à se présenter au palais de justice de Trois-Rivières jeudi matin même s’ils savaient que leur dossier allait être reporté à une autre date.

Séquestration et extorsion: «on n’a rien à se reprocher»

TROIS-RIVIÈRES — Le couple, accusé d’avoir exploité les deux personnes âgées hébergées dans son sous-sol, continue de clamer son innocence et se dit même victime d’une vengeance personnelle.

Guy Boileau et Marie-Jeanne Côté ont tenu à se présenter au palais de justice de Trois-Rivières jeudi matin, et ce, même s’ils savaient que leur dossier allait être reporté à une autre date. «On n’a rien à se reprocher dans toute l’histoire qui a sorti dans les médias. Mon nom est défait. Il va y avoir des poursuites. On n’a pas de raison de mêler ma carrière de musicien avec une affaire de débile mental de même», a déclaré Guy Boileau à sa sortie de la salle d’audience. 

Rappelons que ce dernier fait face à des accusations de séquestration et d’extorsion envers les deux présumées victimes, un homme et une femme âgés dans la mi-soixantaine. On lui reproche aussi de s’être livré à des voies de fait et d’avoir proféré des menaces de mort ou de causer des lésions à l’homme. La conjointe de Guy Boileau, Marie-Jeanne Côté, doit pour sa part répondre aux mêmes chefs d’accusation, mais en plus, elle a été accusée de voies de fait et de menaces contre la femme. Leur cause a été reportée au 27 février.

Les événements qui leur sont reprochés seraient survenus entre septembre 2014 et juin 2018. Les suspects auraient séquestré dans le sous-sol de leur résidence de la rue des Pics-bois un couple de personnes considérées comme démunies et vulnérables. Ils en auraient alors profité pour les extorquer en prenant le contrôle de leur argent.

L’enquête menée par la police de Trois-Rivières a notamment révélé que les portes étaient verrouillées de l’extérieur. Ce sont d’ailleurs ces verrous qui ont incité des gens à faire un signalement à la Division de la prévention de la Direction de la sécurité incendie et sécurité civile en novembre 2017. 

Guy Boileau, 55 ans, et Marie-Jeanne Côté, 54 ans, ont été arrêtés au début de novembre 2018 mais libérés avec des conditions pour la durée des procédures judiciaires. Entre-temps, la dame avait pu quitter les lieux en août 2017 afin de recevoir des soins de santé. Son conjoint était pour sa part parti en juin 2018. 

Selon les prévenus, toute cette histoire serait le résultat d’une vengeance personnelle. «Le monsieur en question qui nous a amenés ici en cour était amoureux de ma femme et même sa femme était amoureuse de moi, elle me l’a avoué. On a essayé de régler les problèmes à la maison mais ça s’est reviré en vengeance personnelle. Quand je l’ai mis dehors en juin, il m’a dit qu’il allait se venger d’une manière ou d’une autre», a raconté Guy Boileau. 

En aucun temps, il n’aurait séquestré les plaignants. Il parle plutôt d’une entente visant à installer une porte et non pas des verrous extérieurs. «Monsieur se masturbait devant son ordinateur. Quand je descendais au sous-sol avec du monde pour la musique, ce n’était pas trop intéressant d’arriver en pleine face avec ça. Nous avions pris une entente de mettre une porte et il était consentant. Il y avait aussi une entente pour le partage de la bouffe», a-t-il mentionné. 

Sa conjointe a renchéri en disant à quel point elle trouvait pénible cette situation, car depuis, elle doit limiter ses sorties pour éviter d’être jugée. «Ces gens ont crevé de faim au début et c’est moi qui leur est venue en aide. Ils avaient tout. J’ai les preuves. Je ne peux rien me reprocher», a mentionné Marie-Jeanne Côté. 

Guy Boileau se dit d’ailleurs en colère. «Je suis fâché de les avoir emmenés chez nous. Plus jamais je ne vais aider personne. C’est de valeur», a-t-il ajouté. 

Au cours de l’entrevue, il a même invité les médias à sa résidence afin de leur montrer le sous-sol. «La séquestration, c’est quoi pour vous? Être enfermé, pas de lumière? Venez chez nous n’importe quand et je vais vous montrer le sous-sol; ils n’étaient pas séquestrés», a-t-il lancé. 

Or, lorsque les médias se sont pointés chez lui dans l’après-midi, au rendez-vous fixé, la porte d’entrée est restée close. Personne n’a daigné répondre.