Le 30 octobre dernier, frustré de la lenteur d’un système incapable de le prendre en charge, il a écrit au MSP : « Si j’étais aux États-Unis, je serais déjà allé avec une (arme) automatique dans le bureau. Je ne suis vraiment plus capable. Ça l’air qu’il va falloir un bon meurtre-suicide pour que les choses bougent. »

Sentence suspendue pour un sinistré au bout du rouleau

Un Gatinois, épuisé des dédales bureaucratiques du programme d’aide financière aux sinistrés des inondations printanières, a reconnu avoir proféré des menaces graves envers un fonctionnaire, lundi, au palais de justice de Gatineau.

Son avocat, Me Marino Mendo, a brièvement commenté l’actualité, dans la salle d’audience.

Alors que le gouvernement provincial tarde à émettre des chèques de compensation, et que de nombreux sinistrés dorment toujours à l’hôtel ou chez des proches, de nombreuses victimes sont frappées par l’épuisement physique et mental.

Sinistré gatinois, Patrick Dawson a reçu une sentence suspendue de 18 mois pour menaces envers un fonctionnaire du ministère de la Sécurité publique (MSP).

« Monsieur a été victime des inondations. Il a tout perdu, même sa maison, a rappelé Me Mendo. Il a vécu dans une roulotte, a perdu de l’argent. Le ministère tarde à lui remettre une compensation. Contrairement à ce qu’on voit à la télé, où tout semble bien aller, et bien... Ce n’est pas vrai du tout. Monsieur, un moment donné, désespère. Il tente plusieurs fois d’avoir son chèque, mais on lui dit que (le formulaire) n’a pas été bien rendu, qu’il faut recommencer à zéro. »

Le 30 octobre dernier, frustré de la lenteur d’un système incapable de le prendre en charge, il a écrit au MSP : « Si j’étais aux États-Unis, je serais déjà allé avec une (arme) automatique dans le bureau. Je ne suis vraiment plus capable. Ça l’air qu’il va falloir un bon meurtre-suicide pour que les choses bougent. »

Le juge Mark Philippe a entériné la proposition commune de la défense et de la Couronne, lundi.

Avec une sentence suspendue, le juge n’envoie pas le justiciable en prison, mais se réserve le droit de ramener M. Dawson devant lui afin de lui imposer une peine plus concrète s’il estime son comportement inapproprié.

M. Dawson n’avait pas d’antécédent judiciaire avant cet incident.

Le juge Valmont Beaulieu l’avait remis en liberté sous certaines conditions, en novembre, dont celle de ne pas contacter la victime. Cette condition a été maintenue dans le prononcé de la sentence.

Le jeune homme ne pourra pas contacter le MSP, sauf par le biais du Protecteur du citoyen ou de son avocat.

Il ne pourra circuler à proximité des bureaux gouvernementaux de la rue Marois, à Québec, ni ceux de la rue St-René, à Gatineau.

L’homme de 28 ans, qui réside toujours à l’hôtel, a toujours pour adresse officielle celle sa résidence sinistrée, pourtant déclarée inhabitable le 5 mai.

Lors de son arrestation, M. Dawson a expliqué aux policiers de Gatineau qu’il vivait dans un enfer, et que sa conjointe, en pleurs lors de sa première comparution, en novembre, était aussi désespérée que lui.