La municipalité de Boileau est poursuivie en justice par un propriétaire riverain.

Se disant persécuté, un résident poursuit la municipalité de Boileau pour 350 000$

Un propriétaire riverain de Boileau, dans la MRC de Papineau, poursuit la municipalité pour 350 000 $ à titre de dommages moraux, stress et autres inconvénients.

Raynald Boutin, qui est copropriétaire avec son épouse d’un chalet aux abords du Lac-au-Loup, dans la petite localité située à la limite frontalière de l’Outaouais et des Laurentides, accuse le conseil municipal et la directrice générale de Boileau d’avoir tenu des propos diffamatoires à son égard.

Selon la requête introductive d’instance déposée le 12 mars dernier au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield et dont Le Droit a obtenu copie, « les actions et décisions » de la municipalité « sont la source [...] du conflit avec le demandeur, lesquelles causent d’importants dommages moraux et nuisent à sa jouissance libre et paisible de sa propriété ».

Au terme d’une première bataille judiciaire, M. Boutin et son épouse, Nancy Vandal, ont obtenu gain de cause en Cour supérieure, en août 2018, dans une affaire de ponceau municipal qui se déversait sur leur terrain. Dans sa décision, la juge Carole Therrien avait ordonné à la municipalité de verser 5500 $ à M. Boutin et le même montant à Mme Vandal.

Depuis, M. Boutin et Mme Vandal ont fait appel du jugement l’automne dernier puisqu’ils réclament toujours le remboursement de près de 130 000 $ en frais d’avocats qu’ils disent avoir déboursé dans cette cause.

« Suivant le dépôt de l’appel du jugement de l’honorable Carole Therrien, la défenderesse (la municipalité de Boileau) a fait preuve d’abus de pouvoir et de mauvaise foi en guise de représailles envers le demandeur », fait valoir aujourd’hui M. Boutin, dans sa poursuite.

Le plaignant, qui se représente lui-même dans cette affaire, soutient dans sa requête être « constamment épié par la défenderesse », affirmant recevoir « des visites de l’inspectrice en environnement et bâtiments de la défenderesse, sous prétexte d’inspection pour une plainte ».

« La défenderesse allègue des propos visant à nuire à la crédibilité du demandeur en propageant des renseignements non fondés », peut-on lire dans la poursuite.

La municipalité aurait également cessé de déneiger la rue de la mise à l’eau cet hiver, pratique qui était pourtant en vigueur depuis « les 20 dernières années » à Boileau, fait valoir M. Boutin. Celui-ci doit emprunter ce chemin pour accéder à sa propriété, « laquelle est utilisée à longueur d’année », précise le document.

« Tant que le déneigement de l’entrée charretière n’est pas exécuté par la défenderesse, le demandeur a difficilement accès à sa résidence secondaire le privant de la paisible jouissance des lieux », est-il écrit dans le document déposé en Cour supérieure.

« Le stress, l’insomnie, les problèmes de santé, le regard et jugement des résidents voisins, la perte monétaire causée par les absences fréquentes du travail, les heures incalculables de recherches afin de contacter les autorités compétentes ne sont qu’une partie des préjudices », ajoute le demandeur dans sa poursuite de 350 000 $ intentée contre Boileau.

Du côté de l’hôtel de ville, on a refusé de commenter l’affaire. La directrice générale de Boileau, Cathy Viens, a écrit au Droit que le dossier avait été soumis aux assureurs de la municipalité.