Robert Côté devra répondre à des accusations de leurre, d’agression sexuelle, de contacts et d’incitation à des contacts sexuels ainsi que d’avoir accédé à de la pornographie juvénile. Cette photo a été prise en 2018. Il apparait maintenant amaigri et porte une barbe plus courte.

Robert Côté fait de nouveau face à la justice

Robert Côté, ancien vice-président aux affaires juridiques de la Caisse de dépôt et placement du Québec, devra de nouveau faire face à la justice pour des accusations à caractère sexuel.

Robert Côté a été arrêté mercredi matin par la Sûreté du Québec alors que ses appartements de Montréal et de Granby ont fait l’objet d’une perquisition.

Il a été formellement accusé, mercredi après-midi, au palais de justice de Granby, de deux chefs de leurre d’enfant, d’avoir agressé sexuellement sa victime, d’avoir commis des attouchements sur une partie du corps d’un adolescent, et de l’avoir incité à le toucher. Il fait également face à une accusation d’avoir accédé à de la pornographie juvénile. Les événements reprochés seraient survenus entre le 1er juin et le 22 juillet dernier.

Le condo de Robert Côté situé dans les Lofts du couvent, à Granby, a fait l’objet d’une perquisition, mercredi matin, par la Sûreté du Québec.

M. Côté est connu du milieu judiciaire. En 2015, il avait été accusé de possession, de distribution et d’accès à de la pornographie juvénile. Deux ans plus tard, il plaidait coupable à une seule accusation, soit celle de possession de pornographie juvénile. Il reconnaissait alors avoir possédé plus de 1500 fichiers de pornographie juvénile, soit 14 951 images et 18 vidéos stockées sur une quinzaine de disquettes. Il détenait ces fichiers depuis 1997, mais ne les avait retrouvés que peu de temps avant son arrestation.

Absolution inconditionnelle

En juin 2018, la juge Silvie Kovacevich a entériné une suggestion commune en lui imposant une absolution inconditionnelle, ce qui lui permettait de ne pas avoir de casier judiciaire. 

Parmi les facteurs atténuants, elle a noté son faible risque de récidive, sa réorientation de carrière en histoire de l’art et son suivi thérapeutique assidu. Il a cependant été inscrit au registre des délinquants sexuels pour 10 ans.

Tôt mercredi matin, les enquêteurs de la Sûreté du Québec ont fouillé le condo de Robert Côté, qui était absent, situé au quatrième étage des Lofts du couvent, à Granby. Il a été arrêté au même moment à Montréal, dans son deuxième appartement. 

Mercredi après-midi, il est apparu amaigri devant la juge Danielle Côté. Il ne porte plus la longue barbe comme à l’époque de sa dernière présence en cour, à Montréal, en 2018, mais plutôt une barbe courte. Son avocat était absent. Il devrait être représenté par Me Martin Latour, d’une firme montréalaise.

La procureure de la Couronne, Élise Côté-Lebrun, qui représentait sa collègue au dossier Valérie Simard-Croteau, s’est opposée à sa remise en liberté et s’y opposera de nouveau jeudi, alors que se tiendra son enquête sur remise en liberté.

Tranquille

Un voisin d’étage des Lofts du couvent qui s’est entretenu avec La Voix de l’Est s’est dit surpris de voir les policiers débarquer sur place, mercredi. 

« Ça fait deux ans qu’il est installé là. Je savais qu’il était un avocat à la retraite. Il avait une belle façon, il était normal. » 

Lorsque les policiers sont arrivés sur les lieux, jamais il n’aurait cru qu’ils se seraient rendus chez Robert Côté. 

Une petite recherche lui a finalement permis de faire des liens avec l’affaire de 2015. « Pornographie juvénile, ça fesse. Je ne m’attendais pas à ça », a laissé tomber ce voisin qui a demandé de ne pas être identifié.