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Le film Rapport minoritaire se déroulait en 2054. Des «précogs» prédisaient les crimes à venir grâce à leurs dons surhumains.
Le film Rapport minoritaire se déroulait en 2054. Des «précogs» prédisaient les crimes à venir grâce à leurs dons surhumains.

Rapport minoritaire... 33 ans plus tôt

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
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En détectant les fraudes informatiques avant qu’elles ne se produisent, un système développé avec la collaboration d’un professeur de l’Université d’Ottawa prend des allures dignes du film hollywoodien Rapport minoritaire.

Ce film de science-fiction mettant en vedette Tom Cruise est sorti en 2002. Il raconte un monde, en l’an 2054, dans lequel des «précogs» prédisent les crimes à venir grâce à leurs dons surhumains. Les forces policières peuvent ainsi prévenir tous les crimes avant qu’ils ne se produisent.

Ottawa, 2021. Le tableau est moins extravagant, mais bien réel.

Un professeur d’informatique de l’Université d’Ottawa s’est joint à une équipe internationale «pour mettre au jour les cyberarnaques avant qu’elles ne fassent des victimes».

Le professeur Guy-Vincent Jourdan et son étudiant au doctorat Emad Badawi ont développé un système automatisé de détection de fraudes. Ce système avait d’abord été construit pour débusquer des pages Web de faux générateurs de Bitcoins, et en extraire les adresses pour mieux les surveiller.

Le professeur Guy-Vincent Jourdan

L’équipe se dit capable de repérer d’éventuelles attaques informatiques avant que des victimes soient prises au piège, et transfèrent d’importantes sommes à un criminel anonyme. Ce système aurait découvert plus de 8 000 adresses suspectes jusqu’à maintenant, vante le professeur Jourdan,

Cette équipe, qui réunit des membres de la Faculté de génie de l’Université d’Ottawa et IBM Canada, se dit capable de «prendre les cybercriminels la main dans le sac».

« Dans les cas où la personne accepte de payer, nous pouvons signaler l’adresse avant même que le premier paiement soit soumis dans 70 % des cas, affirme Guy-Vincent Jourdan. C’est cette partie du système qui nous intéresse le plus. Nous voulons bloquer les attaques avant qu’elles ne fassent de victimes, et notre système est un pas dans la bonne direction. »

Les spécialistes veulent battre les cyberfraudeurs à leur propre jeu. « Nous profitons du fait que la publicité est nécessaire au fonctionnement de ces arnaques, explique M. Jourdan. Les escrocs ne connaissent pas leurs victimes. Ils doivent annoncer leurs «services» frauduleux et attendre que des personnes se manifestent. Nous fréquentons donc les forums et autres endroits où sont annoncées les cyberescroqueries afin de créer un ensemble initial de données. Puis nous utilisons notre robot d’extraction pour relever plusieurs caractéristiques propres à ces annonces et trouver les pages qui comportent des caractéristiques semblables.»

L’équipe explique que son nouveau système pourrait être utile pour les services policiers et les responsables de plateformes transigeant avec des cryptomonnaies.