Shakti Ramsurrun

Ramsurrun multiplie les détails, parfois contradictoires

Exténué, blessé, parfois larmoyant mais alerte, Shakti Ramsurrun semble avoir livré plusieurs versions du drame dans lequel il dit avoir été plongé malgré lui le 23 mai 2012, la veille de son arrestation pour triple meurtre à Gatineau.
Le lendemain, Shakti Ramsurrun a été vu dans un dépanneur de Montpellier, dans la Petite-Nation. Paniqué, il aurait fui vers le nord, sans savoir où il allait. Il aurait ensuite fait demi-tour vers Gatineau.
Résidant depuis quelques mois chez Anne-Katherine Powers, la mère de son fils, il a été sommé de quitter la maison du secteur Aylmer après la séparation du couple.
Shakti Ramsurrun est accusé du triple meurtre de Mme Powers et de sa mère Louise Leboeuf, ainsi que de Claude Lévesque, le conjoint de Mme Leboeuf. Tous les quatre habitaient sous le même toit.
Mardi, la Couronne a fait entendre un appel au 9-1-1, dans lequel Nicole Lauzier, une employée du Club de golf Rivermead et collègue de travail du suspect, affirme que M. Ramsurrun est en panique. « Il dit que sa femme est morte, qu'un agresseur est entré (la veille) dans la maison pendant qu'il fumait une cigarette dehors. »
Le jeune homme dit avoir subi une blessure à la main en se défendant contre un inconnu masqué, aux cheveux blonds.
Selon cette même employée, Ramsurrun a dit ne pas avoir appelé les policiers après avoir vu les corps, « parce qu'il ne savait pas quoi faire ».
Il aurait dit qu'il voulait aller chercher lui-même le tueur, qu'il croyait reconnaître.
Fuir avec le bébé
M. Ramsurrun a allégué que la mère d'Anne-Katherine l'avait prié de fuir avec le bébé pendant l'attaque.
Selon d'autres témoins de la Couronne, M. Ramsurrun a raconté que son fils pouvait valoir une certaine somme d'argent parce que Claude Leboeuf disposait d'une bonne assurance-vie.
C'est ce qu'il aurait confié au professionnel du Rivermead de l'époque, Lucas Sanders, et son assistant d'alors, Marc-André Pierre, ajoutant que l'enfant pouvait servir à une éventuelle rançon valant jusqu'à un ou deux millions $ dans son pays.
« Comment va ton épouse ? », a demandé M. Piette après un certain moment, toujours dans le stationnement. « Elle est morte », a répondu M. Ramsurrun.
M. Sanders peine à croire, encore à ce jour, que son ancien employé a pu commettre un tel crime.
Appel à sa mère
Tout juste avant d'être arrêté, le 24 mai 2012, Shakti Ramsurrun a téléphoné à sa mère, qui habite sur l'Île Maurice. 
L'accusé lui aurait dit que sa conjointe et ses parents étaient morts, et qu'il ne savait plus où aller.
En parlant à sa mère, M. Ramsurrun a confié qu'il avait vu les corps en arrivant dans la résidence qu'il n'habitait plus. Il affirme qu'il ne voulait que voir son fils.
Quand sa mère lui a dit d'appeler la police, il s'est mis à pleurer et a raccroché la ligne.
M. Ramsurrun a fait des appels outre-mer avant et après le crime que la Couronne lui impute.
Au courant du mois de mai 2012, le Mauricien a aussi appelé son père, son frère, et une ancienne copine. 
À cette dernière, il a écrit : « Parlons avant que je meure » deux jours avant le drame.
Il a dit à ses proches que d'autres personnes avaient commis ce crime.
Le procès se poursuit mercredi.