Le directeur des programmes en santé mentale et dépendance du CISSSO, Alain Godmaire

Rage au volant: coupable et absous dans le même avant-midi

Le directeur des programmes en santé mentale et dépendance du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Alain Godmaire, a été déclaré coupable d’une accusation de voies de fait, vendredi, au palais de justice de Gatineau. Il a toutefois bénéficié rapidement d’une absolution inconditionnelle du tribunal, moyennant un don de 400 $.

M. Godmaire a été impliqué dans un bref instant de rage au volant, le 16 juillet 2017, sur le boulevard de La Vérendrye, à Gatineau.

Il s’en est sorti sans antécédent judiciaire.

Selon la preuve de la Couronne, M. Godmaire s’est impatienté derrière un automobiliste qui n’avançait pas, à un feu vert, sur la Montée Paiement.

Le conducteur devant lui a lancé les hostilités en lui envoyant un premier doigt d’honneur. En tournant sur de La Vérendrye, un deuxième majeur a été signalé à M. Godmaire, qui a évité de justesse un « coup de roue » dans sa direction, alors qu’il circulait, plus tard, à la droite du plaignant.

M. Godmaire a finalement fait une manœuvre pour immobiliser son véhicule devant celui du plaignant, dans la voie de gauche.

Les deux hommes ont eu une altercation, et M. Godmaire a été accusé de voie de fait.

Ce dernier a plaidé la légitime défense, en affirmant que son belligérant avait fait un pas devant lui en affirmant « Es-tu sûr que tu veux aller jusque-là ? »

La juge Anouk Desaulniers a toutefois souligné que M. Godmaire aurait pu éviter une telle situation, bien que l’autre conducteur a fait preuve d’une témérité et d’un manque de savoir-vivre.

La juge a souligné plusieurs faits atténuants, et s’est d’ores et déjà dite prête à donner une absolution à M. Godmaire, qui n’a aucun antécédent judiciaire, et qui s’est dit très « peu fier » de ses gestes, aux policiers.

L’absolution est ordonnée lorsque l’accusé est coupable du crime, mais qu’il n’est pas bénéfique pour la société ou l’intérêt public de le condamner et de lui adresser un casier judiciaire.

Une amende, un don ou des travaux communautaires peuvent, par exemple, être exigés en retour.

Dans le cas de M. Godmaire, un don de 400 $ sera fait à la Fondation Santé Gatineau.

« Cette absolution n’est pas liée à la fonction que monsieur a, a commenté la juge. Il faut aussi penser au comportement de la victime. Et de donner un antécédent à M. Godmaire serait disproportionné. »

La porte-parole du CISSSO a réagi par écrit. « Bien que le CISSS de l’Outaouais ne cautionne pas les gestes que M. Godmaire a posés, rappelons que les accusations auxquelles il faisait face ne concernaient pas ses activités professionnelles. De plus, il a reçu une absolution inconditionnelle et n’aura pas de dossier criminel. Nous réitérons donc notre confiance envers M. Godmaire à titre de directeur de santé mentale et dépendance. Le CISSS de l’Outaouais ne commentera pas davantage la situation. »