De nouvelles données du ministère de la Défense nationale indiquent que 15 membres de l’armée canadienne se sont suicidés en 2018, soit un de moins que l’année précédente.

Quinze suicides dans les Forces canadiennes en 2018 malgré la prévention

OTTAWA — Plus d’une douzaine de militaires se sont enlevé la vie dans les Forces armées canadiennes l’année dernière, alors même que l’armée mettait en place de nouveaux services et programmes pour prévenir de telles tragédies.

De nouvelles données du ministère de la Défense nationale indiquent que 15 membres de l’armée canadienne se sont suicidés en 2018, soit un de moins que l’année précédente.

Les décès les plus récents ont d’ailleurs coïncidé avec les efforts déployés par les forces armées et Anciens Combattants Canada pour appliquer une nouvelle stratégie de prévention du suicide qui avait été dévoilée à la fin de 2017.

La stratégie comprend des promesses visant à améliorer les services et le soutien disponibles pour les militaires. Elle avait été mise en place à la suite de préoccupations concernant le nombre de militaires et d’anciens combattants qui s’étaient suicidés ces dernières années.

En réponse aux nouvelles statistiques, le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a déclaré que l’armée et le gouvernement étaient déterminés à améliorer leur stratégie afin de garantir les meilleurs soins et le meilleur soutien possibles aux militaires.

Le ministre Sajjan a admis mercredi qu’«un suicide, c’est un suicide de trop».

«Bien qu’il n’y ait pas de solution simple ni de réponse facile, nous continuerons de faire évoluer et d’améliorer la stratégie à mesure que nous approfondirons notre compréhension du suicide et de la santé mentale, et que nous avancerons dans la mise en œuvre de solutions», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Plus de risque chez les jeunes et les femmes

Parmi les 15 militaires morts par suicide l’an dernier, 13 étaient des membres à temps plein, tandis que les deux autres étaient des réservistes. Les statistiques ne précisent pas combien étaient des hommes ou des femmes.

Pendant des années, les Forces canadiennes ont refusé d’admettre que leurs membres couraient un plus grand risque de suicide que le grand public. Une étude réalisée par Anciens Combattants Canada l’an dernier suggère le contraire.

Les résultats, fondés sur un examen exhaustif des archives de 1976 à 2012, ont montré que le risque de s’enlever la vie chez les anciens combattants de tous âges était 36 % plus élevé que chez les hommes qui n’avaient jamais servi dans l’armée canadienne.

Plus inquiétant encore, le taux était nettement plus élevé chez les jeunes anciens combattants de sexe masculin, les moins de 25 ans étant 242 % plus susceptibles de se suicider que les civils du même âge.

Le risque chez les femmes vétéranes était également alarmant : 81 % de plus que chez les femmes qui n’avaient pas servi dans les rangs. L’âge n’a pas été jugé aussi important pour les femmes vétéranes.

Au moins 155 membres du service actif se sont suicidés depuis 2010, ce qui équivaut presque aux 158 militaires tués dans la mission en Afghanistan, de 2001 à 2014.