Ian Bush purge déjà trois peines de prison à vie pour les meurtres crapuleux du juge Alban Garon, de sa femme Raymonde et de leur amie Marie-Claire Beniskos, en juin 2007 à Ottawa.

Quatrième sentence à vie pour Ian Bush

La sentence est symbolique, mais importante aux yeux de la famille de feu Ernest Côté. Son agresseur, Ian Bush, écope d’une quatrième peine de prison à vie, cette fois pour tentative de meurtre.

Bush purge déjà trois peines de prison à vie pour les meurtres crapuleux du juge Alban Garon, de sa femme Raymonde et de leur amie Marie-Claire Beniskos, en juin 2007 à Ottawa.

Le juge Robert Beaudoin a qualifié Ernest Côté de héros.

L’homme, vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, décédé à 101 ans de cause naturelle, a fait le débarquement de Normandie en 1944.

Il a eu une carrière bien remplie dans la fonction publique.

Ernest Côté a été la dernière victime de Ian Bush.

Le 18 décembre 2014, il a survécu à sa tentative de meurtre, et a gardé le sac de plastique que Bush lui avait mis sur la tête dans le but de l’asphyxier.

En gardant ce sac sur la tête, et après y avoir percé un trou, il a alerté les services d’urgence, et a dit aux policiers que l’ADN du suspect se trouverait possiblement sur le sac et le ruban utilisé, car l’agresseur avait enlevé un gant pour mieux attacher le sac sur sa tête.

« Il a, non seulement, sauvé sa vie, aidé à résoudre un triple meurtre survenu quelques années auparavant, mais il a aussi sauvé la vie d’autres personnes, car Ian Bush avait une liste d’autres personnes à assassiner », a déclaré le juge Beaudoin.

L’affaire du triple meurtre est demeurée sans réponse, entre 2007 et 2014, alors que Bush, en cavale, songeait à tuer d’autres personnes.

Sa liste comprenait les noms de la journaliste de CBC, Carol Off, de représentants de l’Agence du revenu du Canada, du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications du Canada (CRTC), de la Commission de la capitale nationale, du Nouveau parti démocratique, du Parti libéral du Canada, de syndicats, de groupes environnementaux et de défense des droits de l’Homme, et de l’ancien premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty,

La Couronne demandait une peine de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant dix ans.

La défense demandait une peine de sept à dix ans.

Ian Bush est resté impassible dans le box des accusés, mercredi. Fidèle à son habitude, il a esquissé quelques sourires en coin pendant le prononcé de sa sentence.

Bras croisés, il a regardé à quelques reprises l’horloge de la salle d’audience, attendant de connaître la décision du magistrat, qui a livré un jugement détaillé.

Il a parfois fermé les yeux, tête appuyée sur la vitre arrière du box, immobile.

La journée du crime, Bush voulait voler l’argent et les cartes bancaires de l’aîné, dans sa résidence. Il a pris la fuite, mais a été arrêté quelques jours plus tard.

Il avait tenté de se faire passer pour un employé de la Ville d’Ottawa afin d’accéder au logement de M. Côté.

Le juge s’est entre autres appuyé sur le modus operandi, fort semblable dans ce cas et dans son triple meurtre.

Bush a «frappé son Waterloo»

Ian Bush a « frappé son Waterloo » en s’en prenant à Ernest Côté, un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale.

Fin cinquantaine, le meurtrier a pénétré de force chez l’Ottavien alors âgé de 100 ans, le 18 décembre 2014.

Il avait pourtant commis le crime parfait sept ans plus tôt. Il avait tué un juge, sa femme, et l’amie du couple, dans une tour à condos de la promenade Riverside, en juin 2007.

Personne n’avait réussi à retrouver le coupable.

Le 18 décembre 2014, Bush s’est fait passer pour un employé de la Ville d’Ottawa, gagnant temporairement la confiance de M. Côté.

Une fois dans son domicile, il l’a ligoté, l’a forcé à lui donner les numéros d’identification personnelle de ses cartes bancaires — M. Côté a donné de faux numéros —, lui a mis un sac de plastique sur la tête et a attaché le sac avec du ruban (duct tape).

Sauf que M. Côté, qui en a vu d’autres lors du débarquement en Normandie de juin 1944, a gardé son calme. Il a noté que Bush avait enlevé un gant pour ajuster le sac sur sa tête.

Ian Bush a abandonné l’homme âgé, suffocant.

Laissé à lui-même, M. Côté a réussi à défaire ses liens, a agrippé une paire de ciseaux, a fait un trou dans le sac pour respirer, et a appelé à l’aide.

Le vétéran savait que Bush avait possiblement laissé de l’ADN sur le sac de plastique. Il n’a touché à rien, a gardé le sac sur la tête en attendant les policiers, qui ont pu cueillir un très bon échantillon d’ADN du suspect.

Filmé près du logement, Ian Bush a été arrêté. Son ADN était le même qui avait été cueilli sur la scène du triple meurtre survenu en 2007.

Ernest Côté est décédé paisiblement à l’âge de 101 ans, quelques mois après l’attaque sauvage de Bush.

« C’était mon père, a dit Lucie Côté. 101 ans, en marchette, mais sa tête était toute là. »

Son expérience dans l’Armée canadienne l’a-t-elle aidé à survivre ?

« Je pense que oui, répond Mme Côté. Je pense qu’il a eu peur, mais il avait un entraînement pour faire face à cet homme-là, et analyser la situation au-delà de son émotion du moment. »