Un voleur de «bobettes» de Gatineau a reconnu ses torts avant de prendre la direction d’un pénitencier fédéral pour trois autres années.
Un voleur de «bobettes» de Gatineau a reconnu ses torts avant de prendre la direction d’un pénitencier fédéral pour trois autres années.

Quatre ans et demi pour un travesti déviant

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Un voleur de «bobettes» de Gatineau a reconnu ses torts avant de prendre la direction d’un pénitencier fédéral pour trois autres années.

Mais les crimes de Mason Vachon sont bien plus graves que de simples vols de petites culottes ou de maillots de bain féminins. Sa sentence totale - quatre ans et demi - en dit long sur ses agissements.

L’homme de 30 ans a été mis en détention préventive dès son arrestation en juillet 2019, pour avoir volé des maillots sur des cordes à linge, mais surtout pour avoir filmé certaines victimes dans leur intimité à leur insu avant de publier le tout sur des sites pornographiques.

Le cas de M. Vachon a été qualifié de «préoccupant» par la police de Gatineau, l’année dernière. Le ministère public compte aujourd’hui 22 victimes au dossier.

L’individu laissait des notes écrites sur les pare-brise des voitures de ses victimes. Il précisait alors qu’il avait un faible pour les sous-vêtements déjà portés. Il offrait de l’argent, laissait ses coordonnées, ainsi que le nom de son profil Facebook «Trav Sabrina».

Son manège a pris de l’ampleur lorsqu’il a écrit par-dessus une grande affiche publicitaire de l’est de la ville qu’il voulait acheter des sous-vêtements usagés. Son numéro de téléphone apparaissait sur cette «publicité».

M. Vachon a par ailleurs confirmé cette semaine qu’il était bien celui qui portait, reniflait et goûtait les maillots et les culottes de ses victimes. Par la suite, il utilisait Messenger pour contacter ses victimes et leur montrer son butin, qu’il portait.

Mason Vachon a été mis en détention préventive dès son arrestation pour avoir volé des maillots sur des cordes à linge, mais surtout pour avoir filmé certaines victimes dans leur intimité à leur insu.

D’autres victimes ont vécu l’horreur lorsqu’on leur a annoncé que des vidéos d’elles circulaient sur des sites pornographiques. Mason Vachon a par ailleurs filmé une victime qu’il connaissait, en train d’uriner.

Le déviant sexuel a reconnu cette semaine, devant le tribunal, qu’il aimait suivre ses victimes pour les filmer à l’entrée de leur maison ou de leur lieu de travail. Même la nuit, il filmait ses proies par la fenêtre de leur domicile.

Selon la Couronne, au moins une des victimes s’étant retrouvées sur Internet est mineure.

Sentence

Le procureur de la Couronne, Me Simon Pelletier, et l’avocat de la défense, Me Antoine Mailloux, se sont entendus sur une sentence totale de quatre ans et demi à purger dans un établissement fédéral réservé aux délinquants sexuels.

M. Vachon a avoué qu’il avait besoin d’aide et de thérapies. Il a présenté ses excuses après avoir plaidé coupable à une série de chefs reliés à de la pornographie juvénile, du harcèlement criminel, d’intrusions de nuit, et de vols.