Le député caquiste Ian Lafrenière

Prostitution juvénile: une commission parlementaire dressera l'état des lieux

Des adolescentes de 13 ou 14 ans sont livrées en pâture à des proxénètes sans scrupules, sans que les services gouvernementaux et les forces de l'ordre sachent comment intervenir avec efficacité.

Pour s'attaquer à ce problème, deux députés caquistes, Ian Lafrenière et Lise Lavallée, proposent de tenir une commission parlementaire spéciale, dont le mandat serait de dresser un état des lieux et de formuler des recommandations au gouvernement.

En conférence de presse mercredi, les deux députés se sont dits très préoccupés par l'ampleur du phénomène de la prostitution juvénile au Québec et ils espèrent qu'une commission parlementaire sera le forum idéal pour trouver le moyen de prévenir et réprimer la prostitution juvénile.

«Après 25 ans dans les forces de l'ordre, j'ai été personnellement en mesure de constater ce fléau qu'est la prostitution juvénile au Québec», a commenté l'ex-policier de Montréal Ian Lafrenière, qui est l'adjoint parlementaire de la ministre de la Sécurité publique.

La société a trop souvent fait preuve d'aveuglement volontaire en ce domaine, selon le député, qui rappelle que la moitié des prostituées sont d'âge mineur.

Malgré l'ampleur du phénomène et les ravages importants causés chez ses jeunes victimes, il n'existe aucun portrait global de la prostitution juvénile au Québec, a déploré M. Lafrenière, qui veut remédier à la situation.

«Plaque tournante»

Or, «l'âge moyen d'entrée dans la prostitution se situe autour de 14-15 ans. Certaines sont recrutées aussi jeunes qu'à 12 ans. Ce sont pratiquement des enfants qui sont visées», a dénoncé de son côté la députée Lise Lavallée, qui dit vouloir éliminer le problème à la source.

La ville de Montréal est une plaque tournante de la prostitution au Canada, a ajouté Mme Lavallée.

Le rôle joué par les clients sera aussi examiné durant les travaux de cette commission, le cas échéant, si les parlementaires acceptent de se saisir de ce projet.

«S'il y a de la prostitution juvénile, c'est qu'il y a des clients. Ils sont au cœur du problème et ils seront donc spécifiquement considérés dans la réflexion» à venir, a précisé la députée, soucieuse aussi de penser à prendre en charge les jeunes filles qui réussissent à sortir des griffes des proxénètes.