Les avocats de l'accusé, Ronald Jr Brazeau, demandent l'arrêt des procédures.

Procès pour homicide: la roue tourne carré

La défense demande officiellement un arrêt des procédures dans le procès de Ronald Jr Brazeau, pour l’homicide involontaire d’Amanda Trottier, une jeune femme du secteur Aylmer abattue en même temps que son conjoint Travis Votour, en 2014.

Les tentatives de trouver un accord entre l’avocate de la défense, Me Véronique Robert, et la procureure de la Couronne, Me Isabelle Bouchard, ont échoué.

Le 11 juillet dernier, devant une impasse juridique, la juge Anouk Desaulniers a conseillé aux deux parties de trouver une solution à un épineux problème touchant la preuve du ministère public.

Alors qu’elle devait rendre sa décision sur la culpabilité ou l’innocence de Ronald Jr Brazeau, pour le seul chef d’homicide involontaire de Mme Trottier, la juge Desaulniers s’est dite incapable de le faire.

Le problème réside dans des versions différentes proposées par la Couronne. La preuve contradictoire du ministère public a préoccupé la magistrate, qui a mis l’affaire en suspens.

La défense a alors indiqué, le 11 juillet, qu’un arrêt des procédures serait demandé si jamais les négociations achoppaient.

C’est ce qui s’est produit ce mercredi, au palais de justice de Gatineau.

La Couronne n’a pas voulu parler aux médias, mercredi. En salle d’audience, la procureure a toutefois indiqué à la juge qu’une de ses options consistait à se récuser.

« Ce que je n’ai jamais vu, a commenté Me Robert, c’est que dans un même procès, pour un seul accusé, avec deux victimes, où l’histoire est la même, on a une théorie selon laquelle il a demandé à quelqu’un d’aller battre quelqu’un, et une théorie selon laquelle il a commandé deux meurtres. Ça peut difficilement être plus différent. »

Dans sa plaidoirie, la Couronne a demandé que soit admise la version de l’exécutant du contrat de Ronald Jr Brazeau, soit René Samson-Von Richter.

La déclaration de ce dernier est fort incriminante sur les intentions alléguées de M. Brazeau.

René Samson-Von Richter, qui a déjà plaidé coupable dans cette affaire, affirme qu’il s’agit d’un meurtre commandité, et non d’un simple avertissement musclé.

Cependant, René Samson-Von Richter avait avoué qu’il « avait menti comme s’il n’y avait pas de lendemain » aux enquêteurs, lors de son interrogatoire.

De l’autre côté, il y a cette autre version, moins incriminante, selon laquelle Ronald Jr Brazeau avait demandé à son exécutant d’aller seulement « donner une drette » à Travis Votour, lorsque celui-ci sortirait de chez lui.

Ronald Jr Brazeau en voulait à Travis Votour, qui lui avait volé de la drogue dans sa cache. Il a déjà plaidé coupable à l’homicide involontaire de ce dernier.

Les plaidoiries sur l’arrêt des procédures auront lieu à la fin du mois d’août.