Daniel Montsion, que l’on voit ici à son arrivée au palais de justice d’Ottawa, est accusé d’homicide involontaire, de voies de fait graves et d’agression armée de Abdirahman Abdi.

Procès Montsion: la vidéo rendue publique

Le juge au procès du policier d’Ottawa Daniel Montsion, accusé d’homicide involontaire, de voies de fait graves et d’agression armée d’un résident du quartier Hintonburg, a accepté mardi de retirer le scellé de la vidéo dans laquelle on voit l’altercation mortelle du 24 juillet 2016.

Tout est une question de perceptions. Pour un même événement, filmé par une même caméra, le transfert informatique d’un document judiciaire peut tout changer.

Le procès de Daniel Montsion en est un bon exemple.

Le policier est intervenu auprès d’un individu, le 24 juillet 2016, devant l’édifice à logements du 55, rue Hilda.

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Ce dernier, Abdirahman Abdi, ne coopérait pas avec les autorités qui voulaient l’arrêter pour désordre et méfait dans un café situé à proximité.

La scène filmée par la caméra de surveillance du 55, Hilda, est au cœur de la preuve de la Couronne.

Mais il y a du sable dans l’engrenage.

L’Unité des enquêtes spéciales (UES), qui a enquêté sur l’affaire, a soumis plusieurs versions de cette vidéo de surveillance.

Entre deux versions, la défense fait valoir qu’on ne voit pas exactement l’action de la même façon.

Résolution

L’avocat de la défense, Me Michael Edelson, soutient que la résolution d’une vidéo a influencé les perceptions, dont celle du pathologiste judiciaire qui a conclu à un homicide plutôt qu’à un accident.

Une version semble «ralentie», voire plus fluide. L’autre semble plus saccadée, rapide et moins précise.

Plus il y a d’images, meilleure est la définition et la qualité du document. En contenant moins d’images par seconde, l’action est saccadée, moins fluide.

Lorsque M. Abdi tombe au sol pendant l’altercation, la version «moins fluide» fait croire à une chute beaucoup plus brutale par rapport à la version «plus fluide».

Depuis le début du procès en février, la Couronne et la défense débattent de l’admissibilité en preuve de l’une ou l’autre des vidéos.

La défense tente de faire rejeter ces vidéos, alors que la couronne tente de conserver sa preuve centrale.

La vidéo n’est toujours pas admise en preuve. Le juge Robert Kelly doit se prononcer plus tard sur son admissibilité.

Daniel Montsion est le deuxième policier à arriver sur la scène, après son collègue, qui n’a pas été accusé.