L’accusé, âgé de 35 ans, a plaidé non coupable devant un tribunal ontarien à une longue série d’infractions à l’encontre de son épouse Caitlan Coleman, de laquelle il est maintenant séparé.

Procès de Joshua Boyle: des témoins dépeignent le tempérament de l’ex-otage

Une procureure de la Couronne a plaidé lundi que les témoignages portant sur l’intempérance Joshua Boyle devraient être admis comme éléments de preuve lors du procès de l’ex-otage pour des accusations de voie de fait, d’agression sexuelle et de séquestration, entre autres.

L’accusé, âgé de 35 ans, a plaidé non coupable devant un tribunal ontarien à une longue série d’infractions à l’encontre de son épouse Caitlan Coleman, de laquelle il est maintenant séparé.

Les faits allégués se seraient produits à Ottawa, à la fin de 2017, à leur retour en sol canadien après avoir été retenus en otages pendant cinq ans par des extrémistes liés aux talibans en Afghanistan.

La procureure de la Couronne, Meaghan Cunningham, estime que le juge Peter Doody, qui entend la cause sans jury, devrait néanmoins prendre en compte l’ensemble du contexte de leur relation de couple.

L’avocat de Joshua Boyle, Lawrence Greenspon, objecte qu’une telle preuve ne devrait pas être autorisée puisqu’elle est selon lui insuffisante pour affirmer que son client était généralement enclin à maltraiter sa conjointe.

Caitlan Coleman a déclaré en cour que son mari la punissait souvent physiquement lorsqu’elle se disputait avec lui ou ne se conformait pas à ses souhaits.

Elle a raconté comment elle l’avait rencontré en ligne à l’âge de 16 ans et avait connu avec lui une relation en dents de scie avant leur mariage, en 2011, au Costa Rica. Le couple était parti en Asie centrale l’année suivante, voyage au cours duquel il a été pris en otage.

Caitlan Coleman a affirmé que dans les premiers jours de leur fréquentation tumultueuse, Joshua Boyle la rabaissait déjà souvent. Au fil du temps, il a commencé à lui dire comment agir et quoi porter. Les violences psychologiques et verbales se sont ensuite transformées en gifles et en coups, a-t-elle indiqué.

Les témoins au procès ont décrit l’accusé comme un homme colérique et dominateur dans les jours qui ont suivi la libération du couple et de ses enfants, nés en captivité.

Janice Unger, une responsable d’Affaires mondiales Canada qui avait accompagné la famille à bord de l’avion pour rentrer au Canada, rapporte qu’à un certain moment du vol, Joshua Boyle avait abruptement exigé qu’elle-même et un collègue rejoignent leur siège.

La travailleuse sociale Deborah Sinclair, le premier témoin appelé à la barre par la Couronne, en mars dernier, avait expliqué que le comportement contrôlant d’un agresseur peut nuire spirituellement et émotionnellement à sa partenaire et avoir une incidence sur son comportement.

Mme Sinclair a travaillé pendant des décennies sur les questions de traumatismes et de violences entre partenaires, mais la défense a mis en doute l’étendue de ses compétences.

Dans une décision rendue lundi, le juge Doody a statué que le témoignage de Mme Sinclair quant au comportement des victimes de captivité ne serait pas admis.