Les parents de Christine MacNeil, John MacNeil et Shari Garbutt, discutent avec les médias à la sortie du tribunal.

Procès de Blake Dooley: «c'est un sans-cœur»

L’émotion a envahi Shari Garbutt lorsque le meurtrier de sa fille a dit… qu’il préférait se taire.

La mère, une résidente d’Ottawa, a perdu sa fille aux mains de Blake Dooley, le 19 octobre 2015, dans une chambre de l’hôtel Four Points Sheraton, sur la rue Laurier, à Gatineau.

L’homme de 56 ans lui a tendu un piège, en donnant un rendez-vous à l’escorte sous un faux nom, par texto.

Selon la Couronne, Blake Dooley a abattu la femme de 24 ans par balles, à la demande de l’ex-conjoint de celle-ci, Emilio Spezzano.

Blake Dooley a été déclaré coupable de meurtre prémédité le 22 novembre dernier, mais la juge Catherine Mandeville n’a officiellement imposé sa peine d’emprisonnement à vie que lundi.

En novembre, la magistrate avait accepté la demande de la défense de reporter cette décision à lundi, car Blake Dooley avait spontanément indiqué vouloir parler.

Son avocate a rapidement fait savoir à son client qu’il devait y réfléchir avant de parler. La défense a demandé à la juge s’il était possible de revenir au palais de justice de Gatineau à une date ultérieure, pour éventuellement le laisser prononcer quelques mots.

L’assassin a laissé tomber quelques phrases, lundi.

« Je suis encore en train d’analyser tout cela, a-t-il dit. J’en suis à un carrefour dans ma vie. Je me réserve le droit de me taire, et c’est ce que je vais faire. »

Assise à l’avant de la salle, la mère n’a pas pu retenir ses larmes. Tout au long du procès, la petite femme a gardé la tête haute, presque sans jamais laisser paraître une quelconque émotion.

« Je ne m’attendais pas à éprouver ce genre de sentiment, a-t-elle confié, à sa sortie de la salle d’audience. Je suis très émotive. Blake a eu 25 ans (minimum), et je sens que c’est maintenant terminé. Il y a Emilio, bien sûr, mais pour moi, Blake est celui qui l’a assassinée (...) Au moins, j’ai l’esprit un peu plus tranquille. »

Emilio Spezzano doit subir son procès pour meurtre, l’automne prochain.

« Unique en son genre »

Entourée du père, John MacNeil, et du petit frère de la victime, Joey MacNeil, la mère a qualifié les propos de Blake Dooley de « terribles ».

« Il n’avait rien de bon à nous dire. C’est un sans-cœur. »

La famille a eu de bons mots pour les enquêteurs de la police de Gatineau, et les procureures de la Couronne. « Ils ont été honnêtes et nous ont supportés.

La juge (Catherine Mandeville) a eu un procès difficile à mener. Elle a été franche et directe. »

Joey MacNeil avait des mots tendres pour sa sœur. « Unique en son genre, dit-il. Il n’y aura plus jamais personne comme elle. On sait que Christine était avec nous, aujourd’hui. »

La jeune femme travaillait aussi dans un salon d’esthétique d’Ottawa.

« Un esprit sauvage », a rajouté sa mère, qui, regardant vers le plafond, ne s’est pas empêchée de parler de son ancien gendre, Emilio Spezzano. « On célébrait nos anniversaires, ensemble. Nous l’avons accueilli dans notre famille. Pour nous, il est tout aussi coupable. C’est lui qui a tout planifié. »

Pour sa part, le père de la victime croit que ce genre de crime devrait être passible de la peine capitale, au Canada.

La juge Mandeville s’est adressée directement à Blake Dooley. « C’était un geste insensé et brutal. Ce n’était que l’ex-petite amie (d’Emilio Spezzano). Vous avez mis en place un piège et l’avez tirée deux fois. Christine n’a eu aucune chance. Elle ne vous avait rien fait, à vous, M. Dooley. Réfléchissez pendant votre détention. »