Mason Vachon a été arrêté pour avoir volé des maillots de bain féminins suspendus à des cordes à linge.

Présumé voleur de culottes: un travestissement «inquiétant»

Le Gatinois accusé de vols de culottes féminines, dans le secteur Masson-Angers, aurait aussi filmé certaines victimes dans leur intimité avant de publier le tout sur des sites pornographiques.

«Le geste est très préoccupant», a commenté la sergente-détective Doriane Côté, du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG).

La policière a énuméré des détails troublants sur les crimes allégués de l’accusé Mason Vachon, lundi, lors de son enquête sur cautionnement.

Mason Vachon, qui aura bientôt 29 ans, a été arrêté début juillet pour avoir volé des maillots de bain féminins suspendus à des cordes à linge, la nuit.

L’individu est même allé jusqu’à laisser des notes écrites sur les pare-brise des voitures de ses victimes, précisant qu’il préférait les sous-vêtements déjà portés.

Il se dit même prêt à payer pour ceux-ci. Il laisse son numéro de téléphone, et parfois ses noms de profil Facebook, comme «Trav Sabrina», pour entrer en contact avec les femmes.

Il peut contacter directement des femmes par l’application Messenger.

Le principal intéressé a aussi écrit par-dessus une grande une affiche publicitaire de l’est de Gatineau, en expliquant son désir d’acheter des sous-vêtements usagés, et en y laissant son numéro de téléphone.

Selon la police, l’accusé portait, reniflait et goûtait les maillots et les culottes de ses victimes. Il aurait même écrit à certaines d’entre elles pour leur montrer son butin, soit leurs propres vêtements.

En plus des chefs de vol, de harcèlement criminel et d’intrusion de nuit, celui qui avoue aimer se travestir en portant les vêtements dérobés doit répondre à d’autres accusations.

La Couronne a ajouté des chefs de leurre et de pornographie juvénile, ces derniers jours.

Intimité

La sergente-détective Côté a ajouté, lundi, que le suspect avait filmé une victime en train d’uriner, à son insu.

Certaines femmes ont été filmées – aussi à leur insu – sur leurs lieux de travail ou à la maison.

«Une chose vraiment préoccupante dit la policière, c’est qu’on a trouvé plusieurs photos sur l’ordinateur de M. Vachon démontrant qu’il rôde la nuit et prend des photos des pièces éclairées, alors que les gens sont dans leurs maisons.»

Selon l’enquête, l’individu a déposé une boîte de carton avec «la» demande explicite écrite, à côté d’une tente dans laquelle dormaient des adolescentes.

Il leur demandait de déposer leurs sous-vêments, en échange d’argent.

«J’adore m’habiller en travesti, j’adore fouiller dans les ordinateurs de mes amis», peut-on lire sur un de ses profils d’utilisateurs de site porno.

Selon la défense, l’accusé collabore à l’enquête puisqu’il a fourni ses mots de passe aux enquêteurs.

Pour le procureur de la Couronne, Me Simon Pelletier, le problème n’est pas de se travestir en privé, mais bien de voler les biens d’autrui, d’épier la vie des personnes innocentes, et de diffuser des photos et vidéos très intimes sur Internet.

Selon la Couronne, au moins une des victimes s’étant retrouvées sur Internet est mineure. Une autre adolescente pourrait avoir subi le même sort.

Selon l’avocat de la défense, Me Christopher Bernard, la place de Mason Vachon est davantage en thérapie qu’en prison.

L’accusé relie sa maladie à la drogue («jusqu’à 100 méthamphétamines par semaine») et au récent décès de sa mère.

Le dossier du SPVG est passé de six à douze victimes alléguées en deux semaines.

La juge Anouk Desaulniers se prononcera sur sa demande de remise en liberté provisoire prochainement. La magistrate a pris l’affaire en délibéré.