L'incendie qui a ravagé le cabane à sucre du Muséoparc Vanier pourrait avoir été causé par une main criminelle. 
L'incendie qui a ravagé le cabane à sucre du Muséoparc Vanier pourrait avoir été causé par une main criminelle. 

Possible incendie criminel à la cabane à sucre du Muséoparc Vanier

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
L’incendie de la cabane à sucre du Muséoparc Vanier est d’origine humaine, a confirmé le Service des incendies d’Ottawa (SIO), jeudi. L’hypothèse d’un feu allumé volontairement par une main criminelle n’était toujours pas écartée, quelques heures après le sinistre.

Le Service de police d’Ottawa (SPO) et le Service des incendies d’Ottawa (SIO) ont ouvert une enquête conjointe afin de déterminer l’origine exacte du brasier.

«Il s’agit d’un incendie d’origine humaine, mais la police doit déterminer s’il s’agit d’un accident ou d’un geste volontaire et criminel», a précisé le porte-parole du SIO, Carson Tharris.

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Il y aurait eu trois foyers d’incendie, dont un provenant d’un conteneur à recyclage, et un autre provenant d’une corde de bois servant à chauffer les chaudières dans la fabrication du sirop d’érable.

Or, la cabane est fermée depuis des mois en raison de la pandémie. Il n’y avait aucune activité à cet endroit - d’autant plus que la saison des sucres est terminée depuis belle lurette -, ont confirmé les responsables du Muséoparc.

«Les enquêteurs du SPO et du SIO collaborent dans ce dossier», a dit le policier Martin Dompierre. Le SPO n’a pas commenté davantage le dossier.

Flammes dans la forêt

Les pompiers d’Ottawa ont été appelés peu avant 6h, jeudi matin. Un témoin ayant aperçu une épaisse fumée a appelé le 9-1-1 à 5h53, indiquant qu’il voyait aussi des flammes dans la forêt située derrière le Centre communautaire Richelieu-Vanier.

«Le citoyen a pu confirmer à une distance sûre que la cabane à sucre était en feu», a mentionné Carson Tharris, du SIO.

Les sapeurs sont arrivés sur la scène en moins de cinq minutes. Le toit et une partie de la structure s’étaient déjà effondrés. L’instabilité du bâtiment a empêché les pompiers d’intervenir à l’intérieur.

«En raison du risque d’effondrement, les pompiers ont attaqué le feu de l’extérieur à travers les portes et le toit de la structure,  précisé le porte-parole du SIO.»

Le Centre communautaire Richelieu-Vanier, le Muséoparc et la cabane à sucre sont situés au 300, avenue des Pères-Blancs.

Les responsables du Muséoparc et des résidents regardaient, déçus, les décombres enfumés jeudi matin. «On va reconstruire», leur a dit le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieuy Fleury. Le musée est une propriété de la Ville d’Ottawa.


« Cette cabane a été construite par des bénévoles. Ça appartient à la population de Vanier. Elle est très identifiée au quartier. »
Jean Malavoy

Pour sa part, le directeur général du Muséoparc, Jean Malavoy, croit que le bâtiment pourrait bien être une perte totale. C’est un coup dur pour l’institution, alors que l’endroit devait rouvrir ses portes le 8 septembre, après six mois de fermeture forcée en raison de la pandémie de COVID-19.

«Cette cabane a été construite par des bénévoles, dit-il. C’est dommage. Elle a été fondée en 1939 par les Pères Blancs. Le plafond et le toit ont été refaits en 1999 avec le bois des arbres brisés par le verglas (de 1998). Ça appartient à la population de Vanier. Elle est très identifiée au quartier. Et c’est la seule cabane à sucre en milieu urbain au Canada. C’est un bijou unique. Ça donne une couleur particulière au quartier.»

M. Malavoy n’a pas voulu se prononcer sur les causes possibles du sinistre, préférant laisser la parole aux services d’urgence. L’enquête des pompiers et de la police d’Ottawa se poursuivait, jeudi matin.

Sur Twitter, le maire d’Ottawa, Jim Watson, s’est dit attristé.

«Je suis attristé de constater cet incendie ce matin. La cabane à sucre est gérée par un groupe de bénévoles incroyables. Espérons que nos pompiers seront en mesure de la sauver. La Ville sera là pour réparer et reconstruire cette belle et unique cabane à sucre.»

Réaction

«Ce sont 80 ans d’histoire acéricole de Vanier qui partent en fumée», a rajouté M. Malavoy, dans un communiqué publié jeudi après-midi. 

«C’est avec beaucoup d’émoi que l’équipe du Muséoparc et la communauté de Vanier ont vu leur précieuse cabane à sucre disparaître. Fort du soutien apporté par la communauté vaniéroise et ottavienne, de l’aide de ses partenaires et des engagements politiques, le Muséoparc espère rapidement se relever de la catastrophe. C’est en se projetant au-delà de l’incendie que l’équipe envisage déjà de continuer à partager des moments gourmands et festifs avec le plus grand nombre.»