Pornographie juvénile: neuf mois de prison pour un ancien cadre d’Hydro-Québec

Trois-Rivières — Christian Hould, un ancien cadre d’Hydro-Québec, vient d’être condamné à neuf mois de prison pour des crimes de pornographie juvénile.

Cet homme de 67 ans devra ensuite se soumettre à une probation pendant trois ans avec un suivi d’une année. Au cours de cette période, il devra entreprendre toute thérapie jugée nécessaire par son agent de probation en matière sexologique. Il sera également inscrit au Registre des délinquants sexuels, et ce, pour le reste de ses jours. Enfin, il doit respecter plusieurs conditions pendant les cinq prochaines années qui lui interdisent l’utilisation d’Internet à son domicile et des contacts avec des jeunes de moins de 16 ans (sauf exception avec des enfants de sa famille mais en présence d’adultes au courant du dossier et sans antécédent de même nature).

Un ancien cadre d’Hydro-Québec, Christian Hould, a pris le chemin de la prison pour possession et accession à de la pornographie juvénile, des crimes qu’il persiste à nier malgré un plaidoyer de culpabilité.

Rappelons que Christian Hould de Bécancour avait été arrêté en 2015 par la Sûreté du Québec pour possession et accession à du matériel de pornographie juvénile. Lors des perquisitions, 508 fichiers impliquant des enfants de 3 à 10 ans avaient été retrouvés. Une accusation d’entreposage négligent d’un fusil de calibre .12 avait également été portée contre lui.

Il avait ensuite été suspendu par Hydro-Québec sans salaire puis réintégré en juillet de la même année. En novembre 2015, il avait par contre été congédié définitivement après qu’Hydro-Québec eut retrouvé des fichiers illicites dans l’ordinateur qu’il utilisait au travail.

Il avait alors porté plainte à la Commission des normes du travail pour congédiement abusif contre son employeur. La procédure suit toujours son cours mais elle a été suspendue d’ici à l’issue des poursuites criminelles.

Trois ans plus tard, soit le 20 mai 2018, il avait accepté de plaider coupable à l’ensemble des accusations criminelles portées contre lui. La Couronne avait de son côté accepté de réduire les infractions de pornographie juvénile au niveau de la procédure sommaire, alors qu’elles avaient été portées initialement sur acte criminel.

Mais Christian Hould avait ensuite changé son fusil d’épaule sous prétexte qu’il ignorait les conséquences d’un tel plaidoyer dans son recours contre Hydro-Québec et que ses chances de récupérer son emploi étaient anéanties. Il avait donc déposé en juin 2019 une requête en retrait de plaidoyer de culpabilité mais le juge David Bouchard l’avait rejetée parce que les indices et la preuve circonstancielle ne permettaient pas de conclure à la véracité de sa prétention sur son ignorance.

La cause était donc de retour devant le tribunal, jeudi, au stade des plaidoiries sur sentence. Le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, a réclamé une peine de neuf mois de prison. Il a insisté sur le fait que Christian Hould ne s’était jamais conscientisé et responsabilisé sur ses crimes. Malgré un premier plaidoyer où il avait admis les gestes, il avait par la suite nié les infractions, allant même jusqu’à prétendre qu’il avait été hacké ou piégé.

Lors de la confection des rapports présentenciel et sexologique, il se serait ensuite montré peu collaborateur, ayant surtout tendance à présenter une meilleure image de lui, selon le procureur. En bout de ligne, les spécialistes qui l’ont rencontré ne sont pas en mesure d’apporter un éclairage sur les motifs des délits, sur la nature de sa problématique et sur le risque de récidive.

Me Poirier a aussi rappelé que les fichiers visionnés par Christian Hould montraient tout de même des enfants agressés sexuellement en bas âge. Pour toutes ces raisons, il soutient qu’il existe une possibilité de récidive surtout en l’absence de reconnaissance de sa part. Il est donc important selon lui de protéger le public et de l’envoyer en prison pour qu’il prenne conscience de ses gestes.

À la défense, Me Claude Rouleau a plutôt suggéré 90 jours de prison discontinue parce qu’il s’agissait du minimum prévu par la loi à cette époque, parce que son client n’a pas d’antécédents judiciaires, parce que les conséquences de son arrestation ont été lourdes avec la perte de son emploi et parce qu’il est prêt à suivre une thérapie, si le juge devait le lui ordonner.

Or, le juge Bouchard a certes tenu compte de ces facteurs atténuants mais il a abondé dans le même sens que la Couronne sur son manque de conscientisation et d’introspection. Même si Christian Hould pouvait vivre des moments difficiles en 2015, il est le seul et unique responsable des gestes posés. La preuve a clairement établi l’accès et la possession à des fichiers de pornographie juvénile. En se basant sur les objections de dénonciation et dissuasion, il l’a donc condamné à neuf mois.

Notons par ailleurs que Christian Hould a porté en appel la décision du juge sur le rejet de sa requête en retrait de plaidoyer de culpabilité.