Déjà poursuivis pour 700 millions $ par le président des Sénateurs d’Ottawa, Eugene Melnyk, Trinity Development et son président John Ruddy ripostent avec une poursuite de un milliard de dollars.

Plaines LeBreton: Trinity Development poursuit Melnyk pour 1 milliard$

La bataille entre deux titans financiers d’Ottawa a connu une importante contre-attaque. Déjà poursuivis pour 700 millions $ par le président des Sénateurs d’Ottawa, Eugene Melnyk, Trinity Development et son président John Ruddy ripostent avec une poursuite de un milliard de dollars.

John Ruddy a déclaré que sa poursuite était une réponse à l’action « particulièrement scandaleuse » entreprise par Capital Sports Management Inc. (CSMI) et son dirigeant Eugene Melnyk, le 23 novembre.

M. Ruddy a déposé sa poursuite de un milliard, lundi, au palais de justice d’Ottawa. Ces dommages sont exigés pour combler les pertes financières liées au développement, à la recherche et aux prochaines recettes anticipées du mégaprojet LeBreton.

Les deux ex-partenaires sont en guerre ouverte dans le dossier du développement des plaines LeBreton, qui devaient, en principe, accueillir un nouvel amphithéâtre pour les Sénateurs.

Selon M. Ruddy, M. Melnyk cultive ce conflit afin d’obtenir un amphithéâtre à rabais.

« Le vrai objectif de CSMI et de M. Melnyk est de voir la Ville d’Ottawa ou Trinity financer et construire un amphithéâtre de 500 millions $ pour l’équipe de hockey des Sénateurs, avec un loyer gratuit de 30 ans pour l’équipe. CSMI veut aussi des droits sur l’appellation du projet et un contrôle déraisonnable sur le Projet LeBreton. »

Eugene Melnyk accuse John Ruddy de l’avoir trahi en projetant la construction, à proximité, de tours d’habitations concurrentes à leur projet commun, soit au 900, rue Albert.

Trois tours, dont une de 65 étages, sont dans les plans de Trinity à cette adresse.

« J’ai grandi à Ottawa et cela demeure mon chez-moi, a mentionné John Ruddy, par voie de communiqué. J’ai été actif dans le développement des plaines LeBreton depuis 2014, car je sais que cela est important pour les résidents. Je vais travailler avec la Commission de la capitale nationale (CCN), la Ville d’Ottawa et la communauté afin de proposer des solutions qui permettront à ce projet de se réaliser, et éviter de gaspiller ces terres pour encore une génération. »

John Ruddy tire à boulets rouges sur CSMI et Euegne Melnyk.

« L’allégation de CSMI voulant que Trinity ait entamé le développement du 900, Albert, pour compétitionner directement avec le Projet LeBreton, et ensuite (alléguer) que les changements apportés au 900, Albert, aient un impact sur la viabilité de LeBreton est fausse », lit-on dans la contre-poursuite de près de 30 pages.

Eugene Melnyk, ainsi que d’autres dirigeants de CSMI, savait à propos du 900, Albert, dès le début de l’aventure commune, selon Trinity.

« C’était (le 900 Albert) une partie intégrante de la relation unissant CSMI et Trinity. CSMI a même appuyé l’idée «sans réserve». Toujours selon John Ruddy, Eugene Melnyk a déjà signé une entente, «renonçant à toute objection contre le 900, Albert.

Selon Trinity, M. Melnyk allègue faussement que le projet du 900 Albert a changé.

«Le 900, Albert est complémentaire, soutient le groupe Trinity, dans sa contre-poursuite. Le seul intérêt de CSMI est l’amphithéâtre. S’il y a des pertes financières de la part de CSMI, c’est qu’il «l’auteur de son propre malheur et de sa négligence.»

Les gestes de CSMI ont envenimé les relations entre la CCN et Trinity, riposte M. Ruddy, accusé en novembre dernier par Eugene Melnyk d’avoir trahi la confiance des investisseurs, et la sienne.

«Les allégations de fraude et de mauvaises représentations (visant Trinity et M. Ruddy) sont fausses et scandaleuses. Elles n’ont aucune base factuelle ou légale. Le 900, Albert était clairement visible dans les plans montrés aux partenaires», ajoute Trinity, qui soutient avoir proposé une médiation en 2016. La réponse de M. Melnyk est survenue récemment avec sa poursuite de 700 M$.

Le 16 octobre 2018, Trinity a envoyé une proposition à CSMI, a pour effet de retirer l’entreprise de M. Melnyk du projet LeBreton. Cette entente devait rendre M. Melnyk unique grand responsable de l’amphithéâtre. L’entente proposée par Trinity, incluant une série d’ententes commerciale, a été «catégoriquement rejetée par Melnyk, qui a insisté sur le fait que CSMI devait recevoir l’amphithéâtre sous une forme de loyer gratuit.»