La pilote Marie-Soleil Labelle, accompagnée de la porte-parole du Service de police de la Ville de Gatineau, Renée-Anne St-Amant.
La pilote Marie-Soleil Labelle, accompagnée de la porte-parole du Service de police de la Ville de Gatineau, Renée-Anne St-Amant.

Pilote à 16 ans, une Gatinoise veut faire ralentir les jeunes conducteurs

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
À 16 ans - et sans permis de conduire - Marie-Soleil Labelle pourrait faire la barbe à n’importe quel ado ou jeune adulte au volant de sa Micra. Elle sait plonger dans les courbes pour mieux sortir à grande vitesse dans une ligne droite. Et elle le fait mieux que la plupart des jeunes qui se prennent pour un pilote dans les rues de la ville.

Mais il n’y a pas "d’hommerie" sous le casque de cette jeune pilote automobile. Ce n’est certainement pas elle qui sera arrêtée sur la voie publique pour vitesse excessive, et ce n’est pas elle non plus qui tentera d’impressionner ses amis en mettant la pédale au plancher, sur le boulevard Maloney, à Gatineau.

Mme Labelle est la plus jeune pilote recrue de l’histoire de la série canadienne Coupe Nissan Micra. C’est dans ces circonstances qu’elle se permet d’y aller à fond, de négocier des virages serrés à hautes vitesse et de risquer le tout pour le tout afin de doubler l’adversaire.

C’est la course. La vraie.

Elle est bien loin de cette image d’Épinal d’un jeune excité voulant prouver que sa voiture d’occasion est puissante, et qu’il est un pilote digne des films Rapides et dangereux.

La jeune Gatinoise s’est associée avec le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) pour convaincre ses pairs - les 16 à 25 ans - qu’ils ne sont pas des Lewis Hamilton.

S’ils veulent le devenir, dit le SPVG, qu’ils prennent la piste et des leçons de conduite sportive sur piste !

Le SPVG veut redire aux jeunes conducteurs ordinaires de ralentir en se servant du discours de cette ado calme et consciente des dangers de la route.

Le corps policier a aussi lancé une campagne de sensibilisation sur les médias sociaux, en publiant une vidéo sur les médias sociaux.

Voyez la campagne sur Facebook ici

Plus de 600 collisions en 2019 pour les 16 à 25 ans 

En 2019, sur le territoire de la ville, les conducteurs âgés de 16 à 25 ans ont été impliqués dans 642 collisions (sur un total de 2 948, soit 21% des cas), dont deux collisions mortelles et six collisions avec blessés graves.

«Les voitures normales ne sont pas faites pour la vitesse autant en ville que sur la piste de course, dit Mme Labelle. Mon auto a une cage et des harnais pour m’attacher. Les pneus ne sont pas pareils, c’est très différent. Sur la route, tu ne mets pas seulement ta vie en danger, mais aussi celle des autres.»

La pilote n’a toujours pas son permis de conduire. Elle suit son cours «régulier», comme tous les autres, en attendant d’avoir «le» permis.


« Mon auto a une cage et des harnais pour m’attacher. Les pneus ne sont pas pareils, c’est très différent. Sur la route, tu ne mets pas seulement ta vie en danger, mais aussi celle des autres. »
Marie-Soleil Labelle

Mais elle comprend bien avant d’autres quel comportement peut avoir une voiture dans toutes les conditions. Elle observe déjà des automobilistes imprudents sur la route, même si ceux-ci semblent conduire depuis des décennies.

«C’est différent, la mentalité est différente. Sur une piste de course, tu peux être plus agressive. Sur la route, tu dois savoir ce qui se passe autour de toi.»

La pilote remarque que plusieurs automobilistes ne sont pas conscients de ce qui se passe autour de leur voiture, et qu’ils surestiment leurs aptitudes derrière un volant.

L’agente Renée-Anne St-Amant, du SPVG, rappelle que contrairement à la route, il n’y a ni cycliste ni piétons sur une piste de course.