Un homme accusé d’avoir abusé de ses neveux et nièces a été acquitté, cette semaine, au palais de justice de Gatineau.

«Peut-être» agresseur, mais pas coupable

Le doute raisonnable l’a remporté dans une affaire d’agression sexuelle présumée sur des mineurs, remontant aux années 1980, en Outaouais. L’accusé, un résident des environs de Gatineau, a été acquitté mercredi, même si un juge de la Cour du Québec affirme qu’il a « peut-être » commis les gestes. C’est que, en contrepartie, les victimes ne l’ont pas convaincu à 100 %.

« C’est une preuve contradictoire, a dit le juge Mark Philippe.

L’homme dans la quarantaine était accusé d’avoir abusé de ses neveux et nièces, de cinq à neuf ans plus jeunes que lui à l’époque. Selon les victimes alléguées, leur oncle aurait commencé les attouchements quand il avait 13 ans, et qu’il jouait «à la police et aux voleurs» avec eux. L’oncle jouait la plupart du temps le rôle de la police arrêtant les voleurs.

Le jeu a cessé d’en être un lorsque l’oncle aurait fait des attouchements, puis a réclamé des fellations et des relations complètes. Les plaignants auraient compris que les gestes étaient inappropriés lorsqu’ils ont eu des cours de sexualité, à l’école secondaire.

La majorité des 21 chefs déposés contre lui visait des faits qui se seraient produits lorsqu’il avait plus de 18 ans, mais huit de ces accusations remontent à l’époque où il était mineur.

Selon l’avocat de la défense, Me Jean-Michel Labrosse, il y a eu collusion quand les victimes ont demandé 100 000$ à l’accusé, en échange de leur silence.

Il a plaidé l’arrêt W.D, de la Cour suprême, souvent utilisé chez les avocats de la défense, pour rappeler qu’un juge peut avoir un doute raisonnable lorsque les versions sont contradictoires.

«Les victimes semblent crédibles, affirme le juge, et le tribunal ne croit pas la version de l’accusé. Il cherche à confronter les victimes, leur donne un ultimatum de 24 heures, envoie une mise en demeure (lorsqu’il sait que les trois victimes veulent porter plainte).»

Toutefois, la dénonciation, survenue 30 ans après les faits, et le fait que les trois plaignants ont écrit leur histoire lorsqu’ils étaient dans la même pièce, dilue la crédibilité de leur version, ajoute le magistrat.

La défense affirme que les trois personnes ont écrit un plan, ensemble, «pour lui rentrer dedans».

«Est-ce que l’accusé a commis les gestes ? Peut-être, répond le juge Philipe. Mais je ne suis pas convaincu hors de tout doute raisonnable.»