La sentence de Jacques Roger Lesage a été dévoilée vendredi matin.

Père grand-père: la Couronne veut frapper un grand coup

La Couronne demande une peine totale de 20 à 22 ans de prison pour les gestes ignobles imposés par le « père grand-père » de Val-des-Monts à ses deux filles, entre les années 1970 et 2004.
La procureure de la Couronne, Me Nadine Piché, a précisé mercredi que l'homme de 79 ans, Jacques Roger Lesage, devait d'abord purger une peine de 14 ans pour avoir agressé sa fille Lucie pendant des années, lui faisant trois enfants.
Le ministère public veut ajouter une peine consécutive de six à huit ans en ce qui concerne l'accusation d'inceste envers son autre fille, Nathalie, elle aussi agressée sexuellement sur une base régulière dans sa jeunesse.
Me Piché n'a pas voulu commenter sa demande devant les médias, mercredi. Elle compte le faire vendredi, après avoir entendu le verdict.
Un des avocats de la défense, Me Antonio Cabral, a quant à lui plaidé pour une peine totale de sept ans.
De façon plus détaillée, la défense demande une peine de sept ans en ce qui concerne les gestes posés sur Lucie, et cinq ans - à purger de façon concurrente - en ce qui concerne les sévices imposés à son autre fille, Nathalie.
Concédant que l'histoire des victimes était émouvante et choquante, les avocats de la défense ont affirmé que ce cas, bien que grave, n'était pas « le pire des cas » dans la jurisprudence.
Selon Me Cabral, le pire en la matière, et dans la jurisprudence existante, est celui de Rénald Côté, dans la région de Sherbrooke.
« Il a agressé sa fille lorsqu'elle était sur le lit d'hôpital, en phase terminale d'un cancer, et il a encouragé ses enfants à agresser sa fille. »
L'homme a été condamné à 14 ans de prison en 2003 pour avoir agressé sexuellement sa fille Isabelle pendant 17 ans avec la complicité de ses deux fils. La victime est décédée d'un cancer en 2002.
Lors du procès, le père grand-père de Val-des-Monts a montré peu d'empathie pour ses filles. « C'est difficile de dire qu'il demeure de glace, a mentionné Me Cabral. Ça fait partie de sa personnalité, ça fait partie du personnage. Et on ne peut pas lui demander de changer sa personnalité du jour au lendemain et démontrer plus d'empathie pour ce qui a été causé. »
Le juge Michel Pennou, de la Cour supérieure, doit rendre la sentence vendredi matin.