Le paysagement sauvage sur le terrain de Jérémy Lloubes fait jaser depuis quelques jours.

Pelouse trop longue à Sutton: un vieux règlement à revoir, selon Jérémy Lloubes

Son histoire a fait jaser. Beaucoup, même. Lundi, le Suttonnais Jérémy Lloubes racontait à La Voix de l’Est avoir reçu une lettre recommandée exigeant qu’il coupe son gazon qu’il laissait pourtant pousser pour favoriser la prolifération des fleurs mellifères dans le but de créer une petite oasis pour les insectes pollinisateurs. Il a depuis rencontré le directeur de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire de Sutton, Alain Beauregard.

Après avoir clarifié quelques éléments, la discussion s’est déroulée de façon tout à fait cordiale, assure M. Lloubes. Il constate que le règlement sur les nuisances est vieux de plusieurs décennies.

« Ça fait 30 ans que M. Beauregard travaille à la Ville et ce règlement a toujours été là. Il ne m’a pas dit que c’était caduc, [mais il semblait ouvert à une modernisation] », affirme M. Lloubes.

« J’ai constaté de l’ouverture de leur côté, donc je fais mon bout aussi. Il m’a montré les herbes qu’il voulait que je coupe à l’avant et je trouve ses demandes très raisonnables. »

M. Lloubes n’aura donc pas à couper l’ensemble de son gazon. Il assure que les herbes les plus longues seront toutefois coupées avant le 7 octobre, date de l’ultimatum.

Pétition

Ce jour-là se tiendra également la séance du conseil de Sutton où il ira plaider en faveur d’une modernisation du règlement sur les nuisances.

Il y déposera par ailleurs une pétition allant en ce sens — le lien peut être trouvé sur la page Facebook de Jérémy Lloubes. Elle permettra une représentation de ceux qui ne peuvent pas se rendre à la séance du conseil.

On peut y lire que la « modernisation du règlement doit prendre en considération les dynamiques liées à la perte de biodiversité massive, et s’inscrire dans un mouvement d’avant-garde écologique pour créer des oasis à insectes pollinisateurs notamment. Nos jardins privés étant le plus souvent exempts de pesticides, et la région de Brome-Missisquoi ne bénéficiant pas d’une grande couverture de prairies sauvages, nous croyons que l’impact d’autoriser la culture libre sur les terrains privés peut contribuer au développement d’espèces aux populations en déclin. »

Il aimerait de plus obtenir l’avis d’un apiculteur à savoir s’il aimerait installer des ruches dans ces oasis en milieu urbain.

Un sujet à débat

Le 26 septembre, le consultant en informatique publiait ses réflexions sur l’ultimatum lancé précipitamment par la Ville via courrier recommandé.

« C’est fou, parce que ça continue à lever. J’hallucine, ça se partage partout. Et je trouve ça intéressant de parler avec des gens qui ne sont pas d’accord aussi. Je pense que ce qui est intéressant, c’est que si on arrive à un changement du règlement, ça va rayonner en dehors de Sutton. Peut-être que ça amènera aussi des changements ailleurs. »

Il croit que si d’autres citoyens renaturalisent leur terrain, ceux qui préfèrent une pelouse coupée et stérile commenceront peut-être à apprécier ces aménagements sauvages.

Depuis que cette histoire a été rendue publique, tant sur les réseaux sociaux que dans les médias, M. Lloubes n’a pas eu de nouvelles du voisin qui a porté plainte. Son identité n’est pas connue. « Ça ne me choque pas, mais c’est sûr que j’aurais bien aimé qu’il vienne me parler directement [avant de porter plainte] », conclut-il.