Le sénateur Patrick Brazeau

Patrick Brazeau acquitté de sa dernière accusation criminelle

Patrick Brazeau en a fini avec la justice. Le sénateur au passé tumultueux est acquitté de sa dernière accusation criminelle, au palais de justice de Gatineau.

Le sénateur de Maniwaki était accusé de refus de fournir un échantillon d’haleine lors d’un alcootest, après son arrestation entre Mayo et L’Ange-Gardien, le 3 avril 2016.

Le politicien s’en sort ainsi, après avoir été blanchi depuis 2015 d’accusations de fraude et de dépenses injustifiées au sénat, d’une première accusation de conduite avec les capacités affaiblies, et après avoir reçu une absolution de la cour dans une affaire de violence conjugale.

Cette quatrième affaire, qui s’est conclue mardi, marque une étape importante pour Patrick Brazeau.

Le sénateur est demeuré neutre lors du prononcé de la décision.

Procès

Le tribunal a cru l’accusé sincère, quand il avoué, lors du procès, avoir mal soufflé la première fois, mais qu’il avait réellement de la difficulté à souffler au deuxième et au troisième essais.

Il a manifesté une sincère volonté de se soumettre aux tests, selon le juge.

Le juge qui a entendu l’affaire a souligné que les trois tentatives s’étaient déroulées «très rapidement, en deux minutes».

Il a aussi retenu que le policier impliqué avait très peu d’expérience en matière d’examen pour capacités affaiblies par l’alcool.

L’agent aurait dû mieux vérifier l’embout de l’appareil, selon le tribunal.

Des policiers de la Sûreté du Québec ont intercepté M. Brazeau après avoir reçu un appel de sa conjointe d’alors, pour désordre domestique, en début de journée.

La veille, le couple avait bu de l’alcool, lors d’un souper qui a tourné au vinaigre

La chicane a repris le lendemain, et M. Brazeau a pris la route à 7h, et a été intercepté 30 minutes plus tard par les agents, qui ont tenté de le faire souffler dans l’éthylomètre, à la suite d’un ratissage du secteur.

Un policier ayant déjà eu affaire au sénateur a reconnu le conducteur.

Selon un agent qui a témoigné, Patrick Brazeau a feint de souffler correctement, à trois reprises. « Le conducteur avait les yeux vitreux et sentait l’alcool», a témoigné l’agent Jean-François Poirier, lors du procès.

Dans son témoignage, M. Brazeau a dit qu’il conduisait en pleurs, alors qu’il «était au fond du baril».

Après une troisième tentative, le policier a senti que M. Brazeau «poussait sur la paille avec sa langue».

L’appareil n’a jamais pu mesurer un taux d’alcool.

De son côté, le conducteur a dit avoir demandé aux agents de le conduire au poste de police pour le faire souffler dans un autre appareil. Il a aussi gardé le silence, lorsque les policiers l’ont mis en état d’arrestation.

Les policiers l’ont embarqué, avant de le déposer devant une bibliothèque du secteur Buckingham, en lui remettant une promesse à comparaître à une date ultérieure.

Ils lui ont dit d’appeler son avocat.

Présences au palais de justice

Le sénateur a reçu une absolution dans une cause de violence conjugale et de possession de drogue, en octobre 2015.

Il a été blanchi des accusations de fraude et de dépenses injustifiées au sénat, en 2016.

Il a ensuite été acquitté d’une première accusation de conduite avec les capacités affaiblies, à Gatineau, le 27 avril 2017.