La Couronne souhaite faire déclarer l'accusé Marc Bellfoy délinquant dangereux à contrôler.

Pas «délinquant dangereux», mais «délinquant à contrôler»

L'itinérant qui a agressé sexuellement une adolescente derrière l'École secondaire de l'Île, en mars 2016 à Gatineau, doit être déclaré délinquant à contrôler, selon un psychiatre de l'Institut Philippe-Pinel.
C'est ce que suggère le dernier rapport concernant Marc Bellfoy, cet homme de 50 ans qui s'en est pris à une jeune fille en lui infligeant 18 lacérations, dont une qui aurait pu lui faire perdre un oeil.
En novembre dernier, le tribunal a ordonné cette évaluation pour déterminer si l'individu devait être déclaré délinquant dangereux à contrôler.
Un psychiatre de l'Institut Philippe-Pinel de Montréal a précisé que l'homme ne devait pas être considéré «délinquant dangereux à contrôler», mais bien «délinquant à contrôler».
Le système judiciaire différencie ces deux termes techniques.
Les problèmes de M. Bellfoy surviennent lorsqu'il consomme. À jeun, il ne présente pas de déviance marquée. Selon le rapport, le risque de récidive lié à sa personnalité, ses relations intimes, sa toxicomanie, est élevé.
La probabilité que M. Bellfoy rechute dans sa consommation de drogue lorsqu'il sortira de prison est élevée, selon le rapport.
Si l'individu reprend sa consommation, ce statut de délinquant à contrôler permettra aux autorités de le replacer rapidement en détention pour prévenir d'autres crimes comme celui de mars 2016. Cette désignation durerait jusqu'à 10 ans après sa sortie de prison. L'avocat de la défense, Me Marino Mendo, demandera un rapport présentenciel. Le dossier a été reporté en juin.
Qui est-il?
Célibataire, sans enfant, l'accusé travaillait comme camionneur avant de se retrouver entre le monde de la rue et celui de salarié précaire ou de chômeur. Il a déjà fréquenté l'université, travaillé au fédéral, dans le milieu de l'agriculture et en informatique.
Il avait perdu son emploi six mois avant l'agression de mars 2016, selon ce qu'a appris Le Droit.
Le juge Gaston Paul Langevin l'a déjà déclaré coupable d'agression sexuelle grave, d'agression sexuelle armée, de voie de fait simple, de menaces de mort et de non-respect d'engagement. La Couronne a abandonné le chef de tentative de meurtre.
Marc Bellfoy a bien collaboré lors des évaluations psychiatriques, a indiqué son avocat, mercredi. Il n'était pas un habitué des couloirs des hôpitaux psychiatriques avant les événements.
Sa consommation de cocaïne a pris de l'ampleur ces dernières années. Il aurait consommé cannabis et alcool le jour de l'agression.
Le 15 mars 2016, la victime marchait sur la piste cyclable, le long du ruisseau de la Brasserie, lorsqu'elle a été empoignée par-derrière. L'homme s'était approché d'elle pour la saisir par le cou. La victime a crié à l'aide et un adulte l'a secourue.

Possible tentative de meurtre

Un homme a comparu pour tentative de meurtre  sur une femme possiblement avec une arme à feu et une épée, dans la soirée de mardi, à Gatineau. Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) est intervenu vers 20h30 dans une résidence de la rue Alban-Lavigne, non loin du lac Beauchamp, à la suite d'un appel « en matière de violence conjugale ». La femme de 41 ans a été gravement blessée. Le suspect, André Viau, 50 ans, a comparu mercredi après-midi. La Couronne s'est opposée à sa remise en liberté. La victime a immédiatement été prise en charge et a été transportée à l'hôpital pour y soigner des blessures qui, bien que sérieuses, ne mettent pas sa vie en danger. »