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Un avocat du palais de justice de Gatineau s'est plaint de l'affluence à l'intérieur des murs de l'établissement.
Un avocat du palais de justice de Gatineau s'est plaint de l'affluence à l'intérieur des murs de l'établissement.

Pandémie et palais de justice: un avocat se plaint de l’achalandage à Gatineau

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
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Alors que des records ont été fracassés en lien avec les cas de COVID-19 en Outaouais dernièrement, un avocat criminaliste a déploré un achalandage important au palais de justice de Gatineau mercredi, une situation qui accentue les risques de transmission du virus chez les juristes, craint-il.

«Y’a vraiment trop de gens au palais de justice. Y’a pas un siège qui est disponible», a lancé Me Romain Goyard au juge Mark Philippe de la Cour du Québec lors d’un cri du coeur.

Cette sortie de l’avocat de la défense est survenue en salle 4 située au deuxième étage du palais de justice, une cour à haut volume.

«Je suis assez choqué de la situation. Je sais que certains de mes collègues le sont. Je ne peux pas parler pour les autres, je n’engage que moi dans mes propos», a poursuivi Me Goyard, dont des membres de sa famille en France ont souffert de la maladie et que l’un d’entre eux en est décédé.

«Je ne sais pas quoi répondre à ça. Je vous écoute, et je partage vos inquiétudes, a répliqué le juge Philippe. Je suis un peu surpris qu’il y ait autant de monde, comme vous le dites. C’est sûr que je ne vois pas dans la salle d’attente les gens qui y sont, et le mieux que je peux faire pour l’instant est de donner une certaine latitude pour dispenser la présence des gens.»

Le deuxième étage du palais de justice de Gatineau a une capacité COVID maximale de 64 personnes. Un compte est mené régulièrement pour s’assurer que la capacité ne soit pas dépassée dans l’immeuble.


« Le jour où ça va rentrer dans le palais, ce sera une traînée de poudre! »
Me Romain Goyard

Me Goyard croit que certains dossiers ne constituent pas des situations d’urgence devant mener à la comparution en personne. D’ailleurs, plusieurs avocats, tant du côté de la Couronne que de la défense, interviennent en cour depuis leur résidence ou leur bureau. Les détenus comparaissent en visioconférence.

«Le jour où ça va rentrer dans le palais, ce sera une traînée de poudre ! Qu’est-ce qu’on va faire ? Je ne sais pas quoi vous dire, mais je trouve ça complètement anormal pour pas en dire plus», a continué l’avocat, qui s’est dit ému par la situation.

Le port du masque est obligatoire au palais de justice. Jusqu’à la semaine dernière, il était possible pour les juges, les avocats, les accusés et les témoins de retirer le couvre-visage en salle de cour, mais une directive a renversé ce privilège depuis le début de la semaine dernière.

Le ministère de la Justice du Québec a indiqué dans un courriel que la sécurité des citoyens et des employés des palais de justice est au coeur de ses préoccupations.

«Les installations des palais de justice et points de service sont sécuritaires. Nous veillons à mettre en œuvre les recommandations de la Direction générale de la santé publique et de la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail)», a précisé le porte-parole du ministère, Paul-Jean Charest.

«Relativement au palais de justice de Gatineau, les mesures sanitaires et la capacité maximale sont rigoureusement respectées», a-t-il continué.

Le ministère rappelle qu’il est demandé aux citoyens et aux professionnels du droit «de limiter au strict nécessaire leurs déplacements dans les palais de justice et d’utiliser plutôt les moyens technologiques mis à leur disposition lorsque possible».