La Sûreté du Québec et des agents du Contrôle routier ont mené cette opération de sensibilisation aux distractions au volant.

Opération contre les distractions au volant

En rangée dans les bancs d’un « autobus jaune », des agents de la Sûreté du Québec (SQ) et des contrôleurs routiers surveillent les automobilistes, sur l’autoroute 50. « Un joint ! » « Des écouteurs ! » « Ici, les gars, un cellulaire ! »

Les agents s’y prennent autrement que par la patrouille ordinaire pour épingler les automobilistes et camionneurs avec le cellulaire au volant.

« Véritable fléau », lance le sergent Marc Tessier, de la SQ.

Jeudi matin, la Sûreté du Québec et des agents du Contrôle routier ont démontré comment ils « chassaient » les contrevenants en circulant, en groupe dans un autobus scolaire, sur les autoroutes de l’Outaouais.

Plusieurs utilisateurs de la route sont incapables de se passer du téléphone pour texter, ou même fureter sur Facebook.

Surélevés, ils observent les automobilistes, en bas.

On les voit cacher leur appareil pour texter.

On voit, de loin, des automobilistes lever et baisser les yeux en circulant à 70, 80, 100 km/h sur la 50, près de chantiers de construction.

Les agents peuvent aussi mieux apercevoir les camionneurs, à leur hauteur. Les voitures de patrouille sont trop basses pour les voir et les mettre à l’amende.

En douce...

L’équipe mixte a fait arrêter un automobiliste qui circulait avec des écouteurs dans les oreilles, cellulaire entre les jambes.

Près du pont des Draveurs, un homme dépasse l’autobus, et fume un joint, en douce...

L’équipe d’observateurs avertit un patrouilleur dans un véhicule non banalisé, qui partira aux trousses du contrevenant.

« Même en circulant avec le cellulaire en marche (par exemple, avec la fonction carte routière - GPS), c’est interdit, mentionne Marie-Josée Michaud, du Contrôle routier. Le téléphone ne peut pas être placé dans un porte-gobelet, s’il est en fonction. Il doit au minimum être retenu par un support physique dans un angle où il ne nuit pas à la visibilité et à la concentration. »

Les utilisateurs de la route se sont « spécialisés » ces dernières années, en gardant bien bas leur cellulaire, pour le cacher de la vue des agents.

Si le téléphone est déposé dans une fente du tableau de bord, ou un porte-gobelet, il ne doit pas être en fonction.

En moins d’une heure, jeudi, les policiers ont remis cinq contraventions pour cellulaire au volant, trois à des usagers qui ne portaient pas leur ceinture de sécurité, un pour excès de vitesse, et deux pour avoir dépassé en franchissant une ligne double, sur un chantier de construction.

Un automobiliste a aussi été interpellé pour usage de cannabis au volant.

« La distraction au volant est à l’origine de 52 % des accidents de la route ayant causé des blessures », rappelle l’agente Michaud.

Conduire en textant ou en utilisant le cellulaire est comparable à conduire avec les capacités affaiblies par l’alcool, selon les policiers.

En 2017, la SQ a compté 24 collisions mortelles reliées à un chauffeur qui utilisait un téléphone cellulaire, au Québec.

Un contrevenant s’expose à une amende de 300 $, et à cinq points d’inaptitude sur le permis de conduire.

Un récidiviste recevra une amende de 600 $, et verra son permis de conduire suspendu automatiquement pour de trois jours.

Une troisième infraction peut provoquer une suspension de permis pour une période de 7 à 30 jours, en plus de l’amende de 600 $ et des cinq points d’inaptitude.