Jasmin Roy, président de la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais, trouve inadmissible que les jeunes soient toujours dans la même classe plusieurs jours après les événements.

Nudité sur Internet: l’enfant va changer d’école

TROIS-RIVIÈRES — Le garçon de 11 ans qui a été filmé à son insu par un camarade de classe de 12 ans alors qu’il était nu à la salle de bain et dont la vidéo a été partagée contre son gré sur Internet va changer d’école. Déçue par la réaction de la Commission scolaire de la Riveraine et de l’école, sa mère a pris cette décision avec regret.

«Mon fils le vit vraiment comme une injustice. Il ne comprend pas pourquoi c’est lui qui doit changer d’école, pourquoi c’est lui qui est puni alors que ce n’est pas lui qui a commis les gestes», confie la dame.

Elle explique qu’à la suite des événements, elle avait accepté que les deux élèves de 6e année demeurent dans la même classe sous étroite supervision le temps que les autorités concernées prennent une décision. Elle croyait qu’il s’agissait d’une mesure temporaire et non définitive. Selon elle, la direction de l’école lui a finalement proposé de rencontrer les deux jeunes, de les surveiller étroitement en classe et ailleurs dans l’école, et finalement, d’étudier comment la situation évolue.

Une décision qui n’est pas à la hauteur de ses attentes, dit-elle. «Le plan d’action proposé par la direction, c’est de garder les deux élèves dans la même classe. De les voir un peu comme des petits rats de laboratoire. De voir la situation évoluer. Il reste quand même huit mois à l’année scolaire. C’est sûr qu’on voit quand même des possibilités que la situation dégénère. J’ai beau virer ça de tout bord tout côté, je vois se présenter un niveau de stress pour mon enfant, pour l’autre enfant, pour les autres élèves de la classe et pour le personnel enseignant», déplore-t-elle.

Elle affirme que les autorités concernées ne lui proposent pas de véritables alternatives. Notons qu’il n’y a qu’une classe de 6e année dans cette école. «Pendant qu’on galère à trouver des solutions, on n’avance pas. J’ai l’impression que chacun se relance la balle mais que personne ne veut se mouiller à prendre une décision. On a clairement manifesté notre désaccord à ce que les deux jeunes demeurent dans la même classe pour le restant de l’année et c’est à nous de s’expliquer.» «Ça va faire presque deux semaines et il n’y a rien qui a bougé. On est encore à tourner en rond», ajoute-t-elle.

En attendant, son fils a refusé de se rendre à l’école lundi. Elle envisage aussi de le garder à la maison tant qu’il n’a pas changé d’école. «Il m’a dit que ça ne lui tentait pas. On respecte ça. Il ressent de la colère, de la rage. Il ne tient pas non plus à être en sa présence.» Elle comprend ses sentiments. «Ce n’est pas une question d’entretenir une rancune. Mais est-ce qu’ils peuvent juste ne pas être ensemble huit heures par jour?»

Maintenant, elle doit se débrouiller pour changer son enfant d’école, mais elle ignore quand ce transfert pourra se faire. «On a pris des démarches. Comme c’est nous qui décidons de partir, c’est à nous à assumer le transport, le nouveau matériel scolaire de l’ancienne école, de la nouvelle...»

Jasmin Roy, président de la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais, trouve «inadmissible» que les jeunes soient toujours dans la même classe plusieurs jours après les événements. «On ne peut pas faire ça. Premièrement, il faut qu’ils considèrent les enfants comme si c’était des adultes. Si à la Commission scolaire, un adulte avait fait ça à un autre adulte, est-ce qu’ils les garderaient dans le même bureau? Est-ce qu’ils suggéreraient de les réunir pour qu’ils redeviennent des amis?»

Il croit que cette situation risque d’avoir une incidence sur toute la classe. «Je serais bien curieux de faire évaluer l’enfant et les autres autour, pour savoir quel genre de stress ils ont vécu dans les dernières semaines.»

M. Roy croit que la journée même où cette situation a été mise au jour, les deux enfants concernés auraient dû être séparés. «La journée où ils ont appris la nouvelle, ils n’auraient jamais dû laisser les deux jeunes dans la même classe. Ils auraient dû trouver des décisions tout de suite.» Il ne comprend pas pourquoi la Commission scolaire de la Riveraine tarde à statuer. «Tu ne peux pas dire que c’est le problème des jeunes. C’est le problème de la Commission scolaire.»

Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires de la Commission scolaire de la Riveraine en soirée.