Les sentiers non balisés le long de la gorge de la rivière Magog ont été barrés avec du ruban rouge interdisant l’accès aux marcheurs.

Noyade dans la rivière Magog : Des circonstances à éclaircir

L’enquête sur le décès d’une fillette dans les eaux de la rivière Magog au centre-ville de Sherbrooke s’est poursuivie lundi matin.

On a appris que le coroner Richard Drapeau enquêtera sur le drame, en plus des travaux amorcés par le Service de police de Sherbrooke (SPS), afin de déterminer les circonstances exactes de la noyade.

Rappelons qu’une balade en famille aux abords de la rivière Magog au centre-ville a mal tourné dimanche après-midi quand la fillette est tombée à l’eau. Elle a été emportée par le courant sous les yeux de ses proches, qui ont tout tenté pour la rescaper. 

Ce sont finalement des secouristes qui ont repêché le corps inanimé de la jeune fille un peu avant 17 h 30, après plus d’une heure de recherches. Le décès de la fillette a été constaté à son arrivée au CHUS.

L’identité de la jeune victime n’a pas été dévoilée lundi. Elle fait partie d’une famille d’immigrants arrivée à Sherbrooke depuis environ deux ans. Samuel Ducharme, porte-parole du SPS, mentionne que l’identité de la jeune fille ne sera pas dévoilée, notamment parce qu’elle était d’âge mineur.

Cinq jeunes de cette famille, âgés de 8 à 17 ans, se seraient faufilés en dehors des passerelles aménagées autour des deux barrages situés au centre-ville de Sherbrooke.

Selon M. Ducharme, les policiers sont appelés à intervenir à l’occasion dans le secteur pour des gens s’aventurant près de la rivière, ce qui contrevient au règlement municipal. Malgré la chaleur des derniers mois, le SPS ne constate pas d’augmentation du nombre d’interventions. 

Le coroner Drapeau s’est rendu lundi matin sur les lieux du drame pour constater l’aménagement des installations autour de la gorge de la rivière Magog. 

Des sentiers non balisés ont été barrés avec des rubans rouges interdisant l’accès aux marcheurs.

Cet événement n’est pas sans rappeler la tragique descente en rafting promotionnelle de 2004, qui avait coûté la vie à Réal D. Carbonneau dans ces mêmes eaux. Agent de conservation de la faune, il était directeur du bureau de l’Estrie à la Société de la faune et des parcs du Québec à Sherbrooke.

Au printemps 2017, trois jeunes hommes avaient également été extirpés des eaux froides et agitées de la rivière Magog après s’être aventurés dans les rapides à bord d’une embarcation pneumatique.

Outre le fait d’avoir quitté le sentier multifonctionnel pour accéder à la rivière Magog, les trois individus repêchés n’avaient enfreint aucun autre règlement. Ils avaient reçu un constat d’infraction de 43 $ pour ce manquement au règlement municipal.

Berthold préfère attendre les conclusions du coroner

La sécurité dans la gorge de la rivière Magog n’a pas fait l’objet de discussions au comité de la sécurité publique de la Ville de Sherbrooke dans la dernière année. Sa présidente, Danielle Berthold, préfère attendre les conclusions du rapport du coroner concernant l’accident survenu dimanche avant de commenter le niveau de sécurité dans les sentiers municipaux. 

« Ce qui serait le plus sage, c’est d’attendre le rapport du coroner et ses recommandations, de même que le rapport du Service de police de Sherbrooke (SPS). Si, et je dis bien si, on juge qu’il y a des gestes à poser, nous les poserons. Les services de la Ville et le SPS se parlent. Nous attendons les recommandations s’il y en a », dit Mme Berthold.

Nommée en janvier au comité de la sécurité publique, la conseillère dit ne pas avoir eu à traiter de dossier concernant la gorge de la rivière Magog. « Il n’était pas dans nos dossiers de suivi après l’élection non plus. Il n’a pas été abordé jusqu’à maintenant. »

Danielle Berthold siège également au conseil d’administration de Destination Sherbrooke, où des projets visent la rivière Magog, entre autres l’ajout d’une passerelle et la création d’une vague de surf artificielle. « À Destination Sherbrooke, nous n’avons pas traité de dossier lié à la sécurité non plus, du moins pas pour une réflexion sous cet angle. Nous avons évoqué la sécurité quand il a été question de la descente en rafting et de la vague de surf, mais nous ne l’avons pas abordé d’un point de vue politique. »

Le décès survenu cette fin de semaine soulève par la bande des questions concernant la pertinence d’une activité récréotouristique au confluent des deux rivières. Doit-on poursuivre la réflexion sur la vague de surf?

« Nous n’avons pas eu à voter au C.A. de Destination Sherbrooke, mais si ça venait au conseil municipal, je serais contre. C’est un lieu où il y a eu un gros drame avec le décès de M. (Réal D.) Carbonneau. Je verrais très mal une vague de surf à cet endroit. C’est trop un mauvais moment dans l’histoire de la ville pour implanter ça. Est-ce que le décès de la fin de semaine aura plus de poids? C’est une question que nous pourrons nous poser à Destination Sherbrooke. »    Jonathan Custeau