Porté disparu depuis la nuit du 13 au 14 mai 2017, le corps d’Aaron Jonathan Biefer avait été retrouvé deux mois plus tard par une équipe de la Sûreté du Québec.

Noyade dans la rivière du Lièvre : Boralex doit accroître sa sécurité

La noyade d’un jeune homme de 24 ans dans la rivière du Lièvre vient de mener à une recommandation du coroner pour que la compagnie Boralex s’assure d’installer une estacade flottante près de son barrage dès qu’elle le peut lors des crues printanières.

Porté disparu depuis la nuit du 13 au 14 mai 2017, le corps d’Aaron Jonathan Biefer avait été retrouvé deux mois plus tard par une équipe de la Sûreté du Québec.

Le résident de L’Ange-Gardien s’était aventuré sur la rivière du Lièvre à bord d’une chaloupe motorisée avec un ami et un chien, le soir du 13 mai.

« Ils arrêtent quelques minutes en amont du barrage de la Boralex pour aller acheter des comprimés d’amphétamine », relate le coroner Paul G. Dionne dans son rapport, dont Le Droit a obtenu copie.

Une panne de moteur survient vers 3 h 30, lorsqu’ils tentent de retourner à contre-courant vers L’Ange-Gardien. Leurs efforts à la rame ne sont pas concluants.

« Vers 3 h 40, l’ami plus expérimenté en navigation sur la rivière constate qu’il sera impossible dans le fort courant (crues printanières) de revenir en chaloupe, poursuit le Dr Dionne dans son rapport, daté du 17 janvier dernier. Il décide avec le chien de quitter l’embarcation et demande à M. Biefer de faire de même. M. Biefer s’obstine à ramer et fait des efforts évidents pour réussir. Rapidement, l’embarcation part à la dérive dans le courant en direction sud vers le barrage. »

Une caméra de surveillance du barrage de Boralex, situé dans le secteur Buckingham, capte le passage de la chaloupe, dans laquelle se trouve toujours le jeune homme. « L’embarcation passe le barrage principal et va dans l’entrée de la centrale, et passe par-dessus le bord d’un dévidoir, écrit le coroner. Il fait une chute d’une vingtaine de pieds dans la rivière aux parois rocheuses. »

Le coroner souligne qu’en temps normal, « les parois du dévidoir sont visibles et au-dessus de l’eau » et que le barrage répond aux normes de l’Association canadienne des barrages.

Pendant les crues, il est cependant « techniquement impossible d’installer des estacades fixes en amont du barrage ». La compagnie installe donc une estacade flottante lorsque le courant le permet.

« Au moment de l’accident, il n’y avait pas d’estacade, souligne le Dr Dionne. C’était une saison de grandes crues et le débit des eaux était très important. Le barrage était ouvert à son maximum et une quantité d’eau débordait dans le dévidoir. Ceci explique pourquoi l’embarcation de M. Biefer est facilement passée par-dessus la paroi du dévidoir. »

Tout en soulignant que ce décès par noyade est « accidentel », le Dr Dionne recommande à Boralex « de s’assurer de l’installation de l’estacade flottante dès qu’il est possible de le faire en sécurité à la fin des crues printanières ».

La porte-parole de Boralex, Julie Lajoye, affirme que l’entreprise applique déjà cette mesure. En 2017, l’installation de l’estacade flottante à proximité du barrage avait été retardée en raison de « la période de crue exceptionnelle », note Mme Lajoye. Elle souligne qu’il aurait été trop dangereux pour les employés de la compagnie d’installer la plateforme flottante plus tôt au printemps.

« On le fait toujours dès que c’est possible, indique-t-elle. On prend la sécurité du public très à cœur, mais on doit aussi assurer la sécurité de nos employés qui vont installer ces estacades dès que les conditions sont réunies pour le faire ».

Entre-temps, des panneaux d’affichage permanents sont visibles près de l’infrastructure de Boralex, fait valoir la porte-parole. « Ce sont des panneaux qui expliquent qu’il y a tout près un barrage appartenant à Boralex et qu’il faut être prudent. Ce sont des messages qui sont adressés au grand public et qui sont obligatoires selon les normes de l’Association canadienne des barrages », précise-t-elle.