Mort d'Abdirahman Abdi: un policier accusé d'homicide involontaire

Une rare accusation d'homicide a été déposée contre un policier en service, à Ottawa, lundi. L'agent Daniel Montsion, 36 ans, doit répondre à trois chefs d'accusation graves déposés par l'Unité des enquêtes spéciales de l'Ontario (UES), l'organisme appelé à faire la lumière sur la mort d'Abdirahman Abdi, survenue le 24 juillet dernier.
C'est l'avocat de la famille Abdi, Me Lawrence Greenspon, qui a d'abord confirmé la nouvelle en début d'après-midi. « La famille est soulagée que l'enquête soit terminée. »
Me Greenspon a rencontré les responsables de l'UES et deux procureurs de la Couronne, avec la famille de la victime, lundi matin.
Cette accusation d'homicide fait suite à une altercation qui a eu lieu entre M. Abdi et les agents Daniel Montsion et Dave Weir sur la rue Hilda.
M. Abdi, qui souffrait de troubles mentaux, était possiblement en détresse.
Me Greenspon, l'UES et la police d'Ottawa n'ont pas précisé la façon dont l'homme de 37 ans est décédé. On sait cependant que la scène était sanglante et que le décès a été constaté dans les heures suivant son hospitalisation.
L'agent Weir n'a pas été accusé. Il est maintenant considéré comme un témoin important.
Abdirahman Abdi
La Couronne a autorisé les chefs d'homicide involontaire, de voies de fait graves et d'agression armée contre le policier Montsion.
Ce dernier s'est rendu aux autorités, lundi. Il a été libéré sous promesse de comparaître le 29 mars, au palais de justice d'Ottawa.
Le chef de la police d'Ottawa, Charles Bordeleau, a brièvement commenté l'affaire. « Ce que je peux me permettre de dire, c'est que l'agent en question, comme tout membre de la collectivité faisant l'objet d'une enquête ou d'un processus semblable, mérite d'être traité équitablement. Je sais que la mort de M. Abdi a durement éprouvé sa famille et bouleversé notre entière communauté. La mort de M. Abdi a aussi été difficile pour les membres de notre service de police. »
M. Bordeleau a rappelé l'importance d'être « patient et respectueux à l'endroit du processus judiciaire ».
« C'est un travail difficile, a mentionné le chef Bordeleau. (Les policiers) peuvent compter sur mon appui et sur ceux de la haute direction et de chacun des officiers d'état-major. »
Selon l'avocat de la famille, il s'agit d'une première accusation d'homicide déposée contre un policier d'Ottawa, depuis le début des années 90.
Il faut remonter à juillet 2013, à Toronto, pour une affaire semblable. Le jeune Sammy Yatim, 18 ans, a été abattu dans un tramway.
L'agent de la Police de Toronto, James Forcillo, a été accusé en 2015 de meurtre non prémédité. Cette accusation est plus grave que celle d'homicide involontaire déposée lundi contre l'agent d'Ottawa.
La famille Abdi n'a pas voulu commenter.