Les entrées du palais de justice de Gatineau sont beaucoup plus perméables qu'à Ottawa.

Moins de délais judiciaires, mais encore une ombre au tableau

Les délais judiciaires se sont améliorés en Outaouais, et les intervenants répondent mieux aux nouvelles exigences fixées il y a deux ans par l’arrêt Jordan de la Cour suprême. Une ombre au tableau s’inscrit toutefois dans les palais de justice de la région. Tout comme il y a quatre ans, la sécurité au sein même des palais de Campbell’s Bay, Maniwaki et Gatineau constitue une épine au pied du système judiciaire.

«Malheureusement, le palais de justice de Gatineau est dernier de classe en matière de sécurité», dit l’honorable Jean Faullem, juge coordonnateur de la Cour du Québec en Outaouais.

Cette déclaration - un secret de Polichinelle dans le milieu - a été faite mercredi, à l’occasion de la rentrée judiciaire, devant des dizaines d’avocats, de magistrats, et la ministre de la Justice sortante, Stéphanie Vallée.

À Ottawa, l’entrée du palais de justice prend les airs d’un aéroport, avec ses scanneurs et ses détecteurs de métaux. À Gatineau, les entrées du palais de justice de Gatineau sont beaucoup plus perméables.

Cet hiver, au palais de justice de Maniwaki, un constable spécial laissé à lui-même a ouvert le feu sur un détenu désorganisé. L’affaire a fait le tour du pays. Depuis, les autorités ont révisé le déploiement des constables.

Le juge Faullem a abordé cet incident à mots couverts.

«Il y a quatre ans (l’ex-juge coordonnateur de la Cour du Québec), Richard Laflamme faisait une sortie publique pour dire que quelque chose de terrible risquait d’arriver», a lancé le juge Faullem, dans son discours de la rentrée.

Moins de délais

Sur une notre plus positive, les magistrats observent cette année une diminution des délais judiciaires, devenus «plus raisonnables» depuis l’électrochoc de l’arrêt Jordan, qui force depuis 2016 les tribunaux à offrir une date de procès dans les 18 mois à la Cour du Québec, et 30 mois, à la Cour supérieure.

La ministre Vallée a rappelé que Québec investira 500 millions $ dans la justice dans les cinq prochaines années. Elle a d’ailleurs affirmé, lors de cette même cérémonie de la rentrée, que les palais de justice de l’Outaouais seront bientôt plus sécuritaires.

Changement de garde

Par ailleurs, le procureur-chef du Directeur des poursuites criminelles et pénales pour l’ouest du Québec, Me Martin Côté, quitte la région pour le Centre-du-Québec.

Selon les informations du Droit, Me Côté effectuera sa dernière journée de travail en Outaouais le 14 septembre.

Il s’acquittera des mêmes fonctions de gestion des dossiers de la Couronne dans le district judiciaire comprenant les villes de Joliette, Laval, Saint-Jérôme, Shawinigan, Trois-Rivières, La Tuque, et Victoriaville.

Me Côté a dirigé le bureau du DPCP dans l’ouest du Québec pendant 11 ans.

Son remplaçant n’est pas encore connu. Les adjoints du DPCP en Outaouais prendront la relève en attendant une nomination officielle.