28 551 agressions sexuelles ont été signalées à la police au Canada en 2017, soit 8 % de plus qu’en 2016.

Moins d'agressions sexuelles jugées non fondées par la police en 2017

MONTRÉAL — Impact de la vague de dénonciations #MoiAussi ? Moins de plaintes d’agressions sexuelles ont été jugées « non fondées » par la police en 2017 qu’en 2016, rapporte Statistique Canada en rendant publiques lundi de récentes données. Et c’est au Québec que, proportionnellement, moins de dossiers ont été mis de côté.

Par ailleurs, un plus grand nombre de personnes ont porté plainte à la police pour agression sexuelle en 2017 que lors de l’année précédente, alors que ce crime est habituellement l’un des moins dénoncés. Ainsi, 28 551 agressions sexuelles (autant celles jugées fondées que non fondées) ont été signalées à la police au pays, soit 8 % de plus qu’en 2016.

Ces deux données statistiques pourraient indiquer que certains changements s’amorcent, notamment dans la foulée des dénonciations du mouvement #MeToo (#MoiAussi).

Le quotidien Globe & Mail avait aussi enquêté l’an dernier sur les agressions sexuelles jugées « non fondées » par la police, ce qui avait amené des forces policières au pays à revoir ses évaluations de ce type de causes criminelles.

Pour qu’une affaire criminelle soit jugée « non fondée », il doit avoir été établi après l’enquête policière que l’infraction signalée ne s’est pas produite, rappelle Statistique Canada dans son analyse.

En 2017, 14 % des agressions sexuelles signalées à la police (soit 3900 cas) ont été classées comme non fondées. Il s’agit donc d’une baisse par rapport à la proportion de 19 % d’affaires jugées non fondées en 2016 – soit près d’une sur cinq.

Autrement dit, le nombre d’affaires jugées « fondées » a augmenté de 13 % par rapport à 2016. Si l’agression a été violente, elle était moins susceptible d’être écartée par la police comme non fondée que les autres types d’agressions, comme des attouchements non désirés, par exemple, note l’organisme de statistiques fédéral.

Quant à la hausse du nombre d’agressions sexuelles signalées à la police en 2017, elle peut s’expliquer en partie par une sensibilisation accrue de la société aux diverses formes d’inconduites sexuelles, est-il écrit dans la note d’analyse.

« En 2017, les reportages et les campagnes dans les médias sociaux, comme les mouvements #MoiAussi et #EtMaintenant, ont davantage attiré l’attention sur la prévalence des agressions sexuelles et ont permis d’exiger une responsabilisation des auteurs présumés. Il se peut que l’attention publique ait amené un plus grand nombre de victimes d’agression sexuelle à signaler leur victimisation à la police », y explique-t-on.

D’ailleurs, les hausses les plus marquées du nombre d’agressions sexuelles signalées ont été observées en octobre, en novembre et en décembre 2017, en plein cœur du mouvement #MoiAussi.

Il s’agit de la première diffusion de chiffres sur les agressions sexuelles « non fondées » depuis 15 ans. Statistique Canada a aussi travaillé l’an dernier en collaboration avec la communauté policière afin de régler les problèmes de qualité des données et d’assurer l’uniformité des déclarations au sein des services de police.

Statistique Canada prévoit qu’en raison des changements apportés aux déclarations des forces policières sur les agressions sexuelles, il y aura moins de causes jugées « non fondées » à l’avenir.