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Quelque 250 personnes se sont mobilisées, vendredi, à Gatineau, pour marcher contre la violence faite aux femmes et aux enfants.
Quelque 250 personnes se sont mobilisées, vendredi, à Gatineau, pour marcher contre la violence faite aux femmes et aux enfants.

Mobilisation à Gatineau contre la violence faite aux femmes

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
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Avec huit féminicides en huit semaines au Québec, la violence et la terreur dans laquelle vivent des femmes et des enfants «n’est plus une affaire d’organismes communautaires, c’est un problème de société», plaide l’Assemblée des groupes de femmes d’interventions régionales (AGIR Outaouais).

Les tristes événements des deux derniers mois et la violence conjugale ont d’ailleurs mobilisé vendredi quelque 250 personnes à Gatineau, la vaste majorité des femmes, pour une marche contre la violence faite aux femmes et aux enfants qui a eu lieu sur le boulevard Gréber jusqu’au parc Mémoire d’Elles. Leur message : «#PasUneDePlus».

Depuis le début de la pandémie, treize femmes ont perdu la vie au Québec aux mains d’un conjoint ou d’un ex-conjoint, et vingt enfants sont maintenant orphelins, a souligné la directrice générale de la Maison d’hébergement Pour elles des Deux Vallées, Annick Brazeau.

«Derrière chacune de ces femmes qui ont été tuées, il y a des milliers d’autres qui vivent dans la peur au quotidien. C’est assez. Nous voulons leur dire qu’elles ne sont pas seules, que nous sommes avec elles, que nous sommes là pour elles», a indiqué Mme Brazeau au terme de la marche.

«On vous invite à être attentifs à certains signes chez vos proches, vos collègues de travail, amies, voisines… comme l’isolement progressif, plus d’anxiété, de nervosité, que vous sentez qu’elle ne va pas bien, qu’elle doute d’elle-même, ou qu’elle change son comportement en présence de son conjoint. Ces signes peuvent nous aider à aider la personne», a continué Mme Brazeau, tout en mise sur l’importance de suggérer à ces femmes les ressources disponibles pour de l’aide.

Plus de 330 femmes ont fait appel aux services de douze organisations en raison d’une situation de violence dans la semaine cible du 7 au 13 octobre 2019.

Cette dernière a rappelé au gouvernement l’urgence de mettre en oeuvre les recommandations de groupes de ressources spécialisées en violence conjugale pour mieux protéger les femmes et leurs enfants, et améliorer leur sortie d’un environnement familial toxique.

Karina, une intervenante jeunesse à la maison d’aide et d’hébergement L’Autre chez-soi, a tenu à préciser que les enfants vivant dans une famille où il y a de la violence conjugale en subissent aussi les impacts.

«Les conséquences sont énormes pour les enfants. Souvent, ils vont développer de l’anxiété, de l’insécurité. Ils vont également vivre avec le secret. Ils vont avoir aussi un conflit de loyauté. Ils sont déchirés entre voir la tristesse dans les yeux de leur mère qui vit dans l’abus et vont parfois être associés au père abusif. C’est très difficile pour les enfants de voir quelqu’un qu’ils aiment souffrir, se faire abuser, mais c’est encore plus difficile quand cette personne, cet abuseur, est leur père», a partagé l’intervenante.

Projet de loi

Les noms des huit femmes assassinées au Québec par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de 2021 ont été placés sur le monument du parc Mémoire d’Elles au terme de la marche. Des roses ont aussi été déposées en mémoire de celles qui ont péri dans un acte de violence conjugale depuis le début de la pandémie.

Les noms des huit femmes assassinées au Québec par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de 2021 ont été placés sur le monument du parc Mémoire d’Elles.

Plusieurs enfants et quelques hommes étaient de la marche. Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, dont sa fille aînée a été assassinée en 2002, était l’un d’eux. M. Boisvenu a d’ailleurs récemment déposé un projet de loi visant à autoriser les juges à ordonner le port du bracelet électronique lorsqu’un conjoint ou un mari violent est libéré.

«Ça permet de s’assurer que l’on crée un périmètre de sécurité pour la femme. Si l’individu décide de vouloir aller agresser sa femme, elle est avertie avant qu’il arrive. Elle peut donc se cacher, se sauver. Le projet loi contient aussi un article sur la thérapie obligatoire pour les hommes violents. Ça sera donc la prison ou la réhabilitation», a expliqué le sénateur.

Un hommage a été rendu aux femmes qui ont péri dans un acte de violence conjugale depuis le début de la pandémie, vendredi, à Gatineau.

Différentes formes de violence

Un rapport publié en mars 2020 par l’Assemblée des groupes de femmes d’interventions régionales (AGIR) Outaouais et le Collectif de recherche féministe anti-violence (FEMAnVi) a permis de constater que 336 femmes ont fait appel aux services de douze organisations en raison d’une situation de violence dans la semaine cible du 7 au 13 octobre 2019. Plus de la moitié (55,88 %) étaient âgées de 25 à 44 ans.

«Une importante proportion des femmes ayant recours à ces services vivaient dans des conditions économiques précaires, puisque 41,74% d’entre elles avaient l’aide sociale comme principale source de revenus. De plus, 38,83% des femmes n’avaient pas accès à un logement considéré stable, sécuritaire, adéquat et salubre», a précisé le document.

«La majorité des femmes (57,42%) ont eu recours aux services de ces organismes pour des situations de violence qui étaient toujours en cours. Ces situations impliquaient différentes formes de violence, incluant la violence sexuelle, la violence psychologique ou verbale, la violence physique, la violence économique et la cyberviolence. Pour la majorité de ces femmes, plus d’une forme de violence a été identifiée. La violence économique a été identifiée dans 273 cas», a continué le document.