Le Gatinois Michel Giroux n’a pas convaincu le juge qu’il pouvait retrouver sa liberté provisoire.

Michel Giroux reste en prison pour préserver la confiance du public

Un Gatinois qui doit répondre à plusieurs chefs d’agression sexuelle armée, de voyeurisme et d’administration d’une substance à ses présumées victimes, doit rester en prison en attendant son procès.

Michel Giroux, 26 ans, n’a pas convaincu le juge Jacques Ladouceur qu’il pouvait retrouver sa liberté provisoire, mardi, au palais de justice de Gatineau.

Le magistrat a entendu les arguments de l’accusé, qui se représentait seul, mardi, lors de son enquête sur remise en liberté.

Le juge Ladouceur a rapidement imposé une ordonnance de non-publication sur les faits de la cause rapportés pendant l’audience.

Cette décision est survenue même si la police de Gatineau a invoqué certains éléments liés à cette affaire, plus tôt cet hiver, afin de trouver d’autres victimes du jeune homme et de ses présumés complices.

Une telle ordonnance peut servir à éviter la contamination d’un éventuel jury, si la défense décide de s’adresser à une telle instance.

Confiance du public

Les motifs de la décision sur la détention préventive de Michel Giroux demeurent toutefois publics.

« Nous sommes à une époque où le système de justice prend conscience de la réalité des victimes d’agression sexuelle, a dit le juge Ladouceur. Cette écoute passe par les policiers, les intervenants sociaux, la Couronne, etc. La confiance du public, dans ma décision, doit être prise en compte. Remettre en liberté [le prévenu] c’est envoyer un message aux femmes, aux présumées victimes, de se taire. C’est ajouter au poids [qu’est celui] de se plaindre. »

De façon générale, a dit le juge, trop de femmes ne dénoncent pas leurs agresseurs « parce qu’elles craignent de ne pas être entendues ».

La remise en liberté provisoire de M. Giroux aurait cet effet, selon le tribunal.

Le dossier a été remis à la fin du printemps, alors que l’accusé devrait avoir retenu les services d’un avocat. M. Giroux a maintenu son plaidoyer de non-culpabilité.