C'est dans cet appartement de la rue Symmes dans le secteur Aylmer à Gatineau, que le corps de Angela DiStasio a été découvert. Son conjoint, Alain Gascon, subit présentement son procès pour meurtre prémédité.

Meurtre d'Angela DiStasio: «personne ne va l'avoir»

« Si je ne peux pas l'avoir, personne ne va l'avoir. »
C'est un ex-conjoint dépressif et incapable de se passer de celle qui fût sa conjointe pendant 25 ans qui a tué Angela DiStasio, une femme de 42 ans, le dimanche de Pâques 2014.
Alain Gascon, aujourd'hui âgé de 52 ans, subit son procès pour meurtre prémédité, à Gatineau.
Mardi, la fille du couple, Amélie Gascon, a expliqué au tribunal le comportement de ses parents, avant que le pire survienne, le 20 avril 2014.
Angela DiStasio avait confié à sa fille qu'elle n'aimait plus son père bien avant la séparation. Malgré tout, et après une tentative de suicide de l'homme, le couple s'est marié en 2012.
Le temps a passé, et l'amour est resté à sens unique. Mme DiStasio s'est finalement séparée d'Alain Gascon, et a fui la maison familiale de Quyon pour résider chez un autre de ses enfants. Pendant ce temps, Alain Gascon multipliait les appels et tentait de retrouver sa conjointe.
À 22 h 10, le dimanche de Pâques, Alain Gascon a cogné à la porte de sa fille Amélie, à Gatineau.
« C'était mon père, a témoigné la fille, derrière un paravent pour se couper du regard de celui qui a tué sa mère. Il avait du sang dans la figure, je ne voyais même plus la couleur de sa peau. Je lui ai demandé ce qui se passait. Il m'a répondu : 'Je pense que je viens de tuer ta mère'. Je lui ai dit qu'il était mieux de ne pas avoir fait ça. Puis il m'a dit qu'elle l'avait abusé mentalement toute sa vie. »
La victime, Angela Distasio
Alain Gascon était assis dans les escaliers, fumant des cigarettes et parlant à sa fille. Le conjoint de la jeune femme a fait le 9-1-1. Fâchée, la fille a dit « des bêtises » à son père.
Selon la police de Gatineau, Alain Gascon a surgi chez un de ses fils, qui hébergeait Mme DiStasio, dans le secteur Aylmer. Il l'aurait tuée à coups de casserole et de fourchette à barbecue.
« Tu ne peux pas dire ça »
La relation entre la victime et Alain Gascon était houleuse depuis des années. Elle avait confié à sa fille, dans les mois qui ont précédé le crime, qu'elle craignait le père de ses enfants. Ce dernier disait ne pas pouvoir vivre sans Mme DiStasio. « Je veux que ta mère revienne », aurait dit Alain Gascon, à plusieurs reprises. À cela, Amélie Gascon répondait à son père d'aller de l'avant et de refaire sa vie sans sa mère.
« Je l'aime, je veux être avec elle », confiait l'homme.
À deux ou trois reprises, il aurait dit à sa fille : « Si je ne peux pas l'avoir, personne ne va l'avoir ».
Sa fille répondait : « Ben voyons, tu ne peux pas dire ça ».
Alain Gascon a fait plus d'une tentative de suicide, ces dernières années. Dépressif, il occupait quelques petits emplois pendant que Mme DiStasio travaillait comme gérante dans un magasin à grande surface.
« Je ne veux plus qu'il m'appelle, aurait dit la mère à sa fille. Je ne sais pas ce qu'il peut me faire. »
La séparation a eu lieu le 5 mars 2014, un peu plus d'un mois avant le meurtre.
Le procès se poursuit cette semaine, devant la juge Catherine Mandeville.