Timothée Fournier a plaidé coupable du meurtre au second degré d'Éric Dugas, commis en décembre 2016.

Meurtre à Plaisance en 2016: l'accusé plaide coupable

Un résident de Plaisance a reconnu avoir asséné volontairement 26 coups de couteau et de machette à un quadragénaire « pour protéger sa sœur » et sa famille d’un éventuel vol à la résidence de cette dernière, en 2016.

Les détails scabreux du meurtre d’Éric Dugas ont été dévoilés vendredi dernier à la Cour supérieure, au palais de justice de Gatineau.

L’accusé, Timothée Fournier, 26 ans, a plaidé coupable à un chef de meurtre sans préméditation.

La scène sanglante s’est produite la veille du jour de l’An, le 31 décembre 2016, dans un appartement de la rue du Parc, à Plaisance.

À LIRE AUSSI: Meurtre à Plaisance: «de gentilles personnes»

Timothée Fournier, un toxicomane « écœuré » de son style de vie marqué par le vol, avait décidé de ne pas consommer de drogue dans les trois jours précédant le meurtre. Selon le résumé des faits obtenus par Le Droit, ce dernier voulait être certain d’être bien éveillé lorsque Éric Dugas se présenterait chez lui.

« La victime était un ‘dégât’ qui volait les gens et devait beaucoup d’argent », selon ce que l’accusé a confié au sergent-détective Denis Gagné, de la Sûreté du Québec (SQ).

La victime, Éric Dugas

Éric Dugas voulait voler le coffre-fort appartenant aux propriétaires du logement où résidait la sœur de l’accusé et les enfants de celle-ci.

M. Fournier craignait que sa sœur soit séquestrée à l’occasion de ce vol. « M. Fournier était en désaccord avec l’idée de Dugas », est-il résumé dans les documents judiciaires.

Le meurtrier avait songé à « passer » la victime une journée ou deux avant le 31 décembre. Toutefois, il n’avait pas réfléchi à la façon dont il allait s’y prendre pour éliminer Éric Dugas.

Les discussions entre la Couronne et la défense ont permis de conclure à une entente sur un plaidoyer de culpabilité sur un chef réduit de meurtre sans préméditation.

Scène sanglante

Le jour fatidique, Timothée Fournier a saisi un couteau dans sa cuisine « sans réfléchir ».

Deux autres personnes se trouvaient dans la chambre de l’appartement où l’attaque s’est produite.

Une femme a sauté sur le dos de l’accusé, qui s’est alors « piqué » dans la jambe droite.

Ensuite, l’accusé a poignardé Éric Dugas à 26 reprises, lui tranchant la gorge au passage.

C’est toutefois une blessure au cœur qui lui a été fatale.

Après avoir poignardé sa victime, Timothée Fournier a utilisé une machette pour s’assurer que son rival était bel et bien mort.

Selon la SQ, le meurtrier « pensait qu’il devait faire ça » pour protéger sa sœur.

« L’accusé voulait protéger sa famille et ne voulait pas commettre le vol puisqu’il était ‘écœuré’ de voler ‘son prochain’ », lit-on dans le résumé judiciaire.

Après le meurtre, Timothée Fournier a enlevé les draps du lit et les a mis dans un sac noir, avec la machette.

Il s’est rendu dans le logement du haut, où l’occupant a aussitôt appelé le 9-1-1 pour recevoir une ambulance à son adresse.

Les policiers de la SQ ont été appelés à 14h02 « pour une querelle de voisins ».

Ils y ont trouvé le corps d’Éric Dugas, 48 ans, bien connu des milieux policiers de la région.

Alors que les policiers parlaient aux occupants de l’appartement du haut, Timothée Fournier est sorti d’une chambre, ensanglanté.

Le résident a pointé M. Fournier en disant qu’il était l’auteur du crime, et que l’arme avait été cachée sous un divan.

Sentence

À 26 ans, Timothée Fournier s’attend à passer de longues années derrière les barreaux.

Cet automne, la défense et la Couronne devraient proposer une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 17 ans.

La juge Catherine Mandeville, de la Cour supérieure, aura le dernier mot sur cette proposition commune sur la peine, à la fin de l’été.