Le constable Christopher Poulton, de la Police d’Ottawa, est un policier négociateur qui intervient dans plusieurs événements extrêmes où il faut désamorcer des crises.

Métier de négociateur: désamorcer des «bombes psychologiques»

L’agent Poulton a pour mission de désamorcer des «bombes psychologiques» dans un monde où la santé mentale est un enjeu quotidien de sécurité publique.

La Section d’intervention d’urgence en santé mentale du Service de police d’Ottawa (SPO) est une toute petite équipe qui travaille avec des spécialistes de l’Hôpital d’Ottawa.

Christopher Poulton n’est pas un policier négociateur au sens propre du terme. Mais son équipe et lui «négocient» tous les jours avec la santé mentale. Il fait partie de ceux qui désamorcent les crises avant que tout n’explose, avant qu’une personne instable représente une menace pour elle, ou le public.

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Ville et campagne, deux contextes et une même détresse

«Leur place est plus souvent à l’hôpital qu’en prison», dit-il.

Son équipe peut être appelée sur le terrain ou dans «l’antichambre» du poste de police où se réunissent les spécialistes en santé mentale affectés à une crise.

Cette escouade du SPO est quant à elle reliée à un agent négociateur, qui maintient la communication avec les personnes barricadées ou en crise.

«Il est parfois nécessaire de diminuer notre présence physique pour limiter les stigmates associés à la présence policière chez une personne en crise et barricadée. Dans de telles conditions, nous nous réunissons dans l’antichambre du poste de police tout en maintenant la communication avec la personne en crise, et les quelques intervenants qui restent sur le terrain.»

Depuis 20 ans, le SPO et l’Hôpital d’Ottawa sont capables de sauver plus de vies grâce à une entente de principe leur permettant d’échanger des informations sur la personne en crise. «Est-elle suivie pour bipolarité, pour de la schizophrénie, une dépression, de l’alcoolisme, de la toxicomanie ? Par ailleurs, le forcené est-il connu des policiers ? Est-il recherché, en attente de procès ? Les réponses à ces questions nous aident énormément à savoir à quel type de crise nous sommes confrontés. À qui parle-t-on ? Qui tentons-nous d’aider ? Peut-on trouver une personne de confiance, comme son psychologue ?»

La différence

Lorsqu’il était une recrue, l’agent Poulton se voyait dans l’image classique du policier affecté aux affaires de vols et d’armes, gonflé à l’adrénaline et lancé dans de folles poursuites, sirènes et gyrophares allumés.

«J’ai été patrouilleur pendant neuf ans. Je répondais aux urgences. Chaque année, le nombre d’appels pour des cas de santé mentale augmentait. J’avais du succès dans ces situations. Personnellement, j’ai une telle satisfaction lorsqu’on résout une crise. Surtout lorsque des familles nous disent comment ils ont apprécié notre travail. Des proches des personnes sorties de leur crise m’appellent parfois pour me dire : ‘Cela faisait des mois qu’on ne savait plus quoi faire. Ça va mieux avec aujourd’hui et c’est plus stable. Merci.»

En 2020, la maladie mentale est bien moins stigmatisée qu’il y a dix ou vingt ans, observe le policier. Les campagnes publicitaires, les célébrités qui en parlent... Cela fait une différence, selon l’agent Poulton.