Les interventions policières auprès de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale font partie du quotidien pour les négociateurs des forces policières.

Métier de négociateur : ville et campagne, deux contextes et une même détresse

La détresse humaine est la même, que ce soit en ville ou en campagne. Mais ces deux contextes géographiques différents influencent le travail des policiers appelés à désamorcer les crises, et éviter le pire.

L’agent Christopher Poulton, de la police d’Ottawa, est spécialisé dans les interventions en santé mentale, alors que l'inspecteur Steve Poirier, de la police de la MRC des Collines, est un négociateur qui parle directement aux forcenés.

«Notre territoire est essentiellement rural, explique l'inspecteur Poirier. La détresse est la même en ville ou en campagne. Mais l’impact n’est pas le même, dans un certain sens. On voit davantage une personne qui menace de sauter en bas d’un pont du centre-ville, à l’heure de pointe. Il y a plus de passants, et c’est généralement plus présent dans les médias.»

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Calmer le forcené

De l’autre côté de la rivière des Outaouais, la ville d’Ottawa connaît les deux réalités. «Nous avons un grand territoire, dit le constable Poulton. Il y a une partie très urbaine, alors que la périphérie est rurale.»

Dans la MRC des Collines, les distances à parcourir sont aussi considérables. «Un mal pour un bien, dit l'inspecteur Poirier. Souvent, le temps qu’on met à se rendre dans un endroit reculé donne le temps à une personne barricadée de décompresser.»

La présence d’armes de chasse est proportionnellement plus importante sur un territoire rural. «Des armes de chasse sont généralement des armes longues, poursuit-il. Ça ne nous aide pas. Cela représente un danger pour tous. On craint toujours des coups de feu provenant de l’intérieur. Ce sont des armes à longue portée.»

Pour le constable Poulton, la crise psychologique n’avait pas de frontière ni de statut social. «Ce ne sont pas seulement les pauvres et les moins bien nantis qui vivent cela. Je me déplace autant à Vanier qu’à Constance Bay, Rockcliffe ou Alta Vista pour aider des personnes qui ont besoin d’aide. Nous recevons des appels tous les jours.

«Au centre-ville, on voit les mêmes personnes plus souvent. Évidemment, il y a plus d’itinérance. Plusieurs sans-abri n’ont pas de famille ou de ressources pendant la journée.»