Selon la poursuite, M. Larrivée a « recruté » sa clientèle pendant qu’il travaillait pour Détente. Quelques mois plus tard, il a remis sa démission en prétextant qu’il avait un cancer de la prostate. M. Larrivée a aussi dit à sa clientèle qu’il avait ce cancer. Finalement, ce cancer était un mensonge.

Massothérapeute poursuivi: le juge parle d’un « détestable mensonge »

Un juge de la Cour supérieure n’a pas du tout apprécié l’attitude d’un massothérapeute de Gatineau, poursuivi pour déloyauté par son ex-employeur. Avant d’accorder 50 000 $ en dommages-intérêts à l’entreprise lésée, le magistrat y est allé de quelques torsions lyriques à l’endroit du défendeur, qu’il n’hésite pas à qualifier d’auteur d’un « détestable mensonge ».

« Ce n’est pas tous les jours qu’un témoin vient se vanter, le sourire en coin et l’air satisfait du chat qui a attrapé le canari, d’avoir menti effrontément à son employeur, et d’avoir répandu ce mensonge auprès d’une dizaine d’autres personnes pour que le mensonge soit ‘plus crédible’ », écrit le juge Pierre Dallaire, dans sa décision du 1er mars.

Au départ, Sylvie Côté, propriétaire de l’entreprise Détente Santé du Plateau L’Escapade (Détente) réclamait 216 477,50 $ à son ex-employé, Daniel Larrivée.

Selon la poursuite, M. Larrivée a « recruté » sa clientèle pendant qu’il travaillait pour Détente. Quelques mois plus tard, il a remis sa démission en prétextant qu’il avait un cancer de la prostate. M. Larrivée a aussi dit à sa clientèle qu’il avait ce cancer.

Ce cancer n’était que mensonge, précise le tribunal. Bien loin de souffrir d’un cancer incurable, M. Larrivée a ouvert sa propre clinique de massothérapie, en ayant pris soin de faire savoir à ses clients, lorsqu’il était à l’emploi de Détente, qu’il serait bientôt disponible à sa nouvelle adresse. « Il invente ce détestable mensonge voulant qu’il souffre d’un cancer de la prostate », lance le magistrat.

« On se serait attendu qu’un individu qui vient se confesser devant le Tribunal d’avoir menti manifeste un certain malaise d’avoir dû mentir », note le magistrat.

Selon la poursuite, le massothérapeute a pris soin de produire une liste de clients de son employeur, avant de donner sa démission. La femme d’affaires dit avoir perdu d’importants revenus dans cette mésaventure, en 2014.

« Par ailleurs, poursuit le juge, M. Larrivée ne s’est pas contenté de ce seul mensonge. Il dira devant le Tribunal, encore une fois avec le sourire aux lèvres et un air tout fier, avoir répandu ce mensonge auprès d’une dizaine de personnes, (...) comme il le dira sans sourciller, pour ‘que ce soit crédible’. »

Des clients de M. Larrivée ont témoigné devant le juge. Ils ont dit être au courant du cancer, sans avoir l’air de savoir que cela était faux.

Parallèlement, M. Larrivée a poursuivi son ex-employeur en diffamation, l’accusant d’avoir dit publiquement, et à tort qu’il était atteint d’un cancer de la prostate.

Le juge a rejeté sa requête. 

« Il est lui-même l’auteur de ce mensonge qu’il a lui-même disséminé auprès de nombreuses personnes. Comment pourrait-il s’en plaindre ? (...) Il faut ajouter que sa démission est enveloppée dans un énorme mensonge, dont le but évident était de masquer son objectif et de jeter un brouillard opaque sur ses véritables intentions. »