Des membres de la famille Ménard ont eu toute une surprise en trouvant des objets funéraires exhumés.

L’urne d’un de leurs proches déterrée

La famille Ménard a fait une bien triste découverte en se rendant au cimetière Mgr Pelletier, situé dans la rue Dufferin à Granby, jeudi soir. Alors qu’ils souhaitaient se recueillir à l’endroit où sera inhumé un proche cette fin de semaine, des membres du clan ont constaté que des objets funéraires avaient été déterrés par les fossoyeurs.

« Je voulais visualiser la distance entre l’endroit où l’urne de mon père sera mise en terre et le lot où repose ma sœur. Ce sont mes petits-enfants qui ont trouvé l’emplacement », a expliqué Nathalie Ménard.

« J’ai commencé à nettoyer le monument et je suis tombé sur l’urne et les restes de cercueil dans le tas de terre », a poursuivi sa fille Joëlle.

Il s’agissait de l’urne du grand-père de Nathalie, décédé il y a une dizaine d’années, et les restes d’un cercueil qui pourrait vraisemblablement être celui d’un autre grand-père, mort dans les années 90.

« Je ne comprends pas pourquoi ils ont utilisé un pelle mécanique pour creuser la fosse d’une urne. Je ne bougerai pas d’ici avant que grand-papa soit en terre », a lancé Mme Ménard, les larmes aux yeux.

« Il y aura des répercussions »
« C’est la première fois que je vois ça de ma carrière », a lancé un professionnel des pompes funèbres qui a préféré garder l’anonymat.

« Après les arrangements, la responsabilité de la mise en terre revient au cimetière, on n’est responsables de rien », a-t-il plaidé.

Après avoir été interpellé par la famille, ce dernier a pris les choses en main en contactant la directrice de cimetières catholiques de Granby, Élyse Champagne, qui a interrompu ses vacances pour débarquer en trombe en compagnie du marguiller Pierre Bélanger.

« Ce n’est pas normal, il y a un fossoyeur qui a mal travaillé et il y aura des répercussions », a assuré Mme Champagne, sans cacher sa surprise.

Elle estime que plusieurs éléments pourraient être en cause. « Depuis que je suis ici [5 ans], nous gardons des données précises pour chaque lot, mais il pouvait y avoir de la négligence avant », a-t-elle indiqué.

L’urne du grand-père de Nathalie Ménard a été brisée lors de travaux.

La directrice des cimetières catholiques de Granby explique que chaque lot est divisé en deux ou quatre cases et qu’il est possible de mettre plusieurs urnes en plus d’un cercueil dans chacune d’entre elles.

« Ce qui est arrivé ici, c’est que l’urne n’a pas été disposée au bon endroit à l’époque. Le fossoyeur a creusé où c’était indiqué, mais l’urne ne devait pas s’y trouver. Ce qui n’est pas acceptable, c’est que l’employé a laissé ça ainsi, je ne peux pas croire qu’il ne l’avait pas vu », a déploré Élyse Champagne.

Elle ajoute toutefois qu’il arrive qu’un fossoyeur atteigne un cercueil dans le sol même si tous les plans sont conformes. « C’est un terrain rocailleux ici, parfois nous ne pouvons pas atteindre les cinq pieds de profondeur nécessaires pour mettre le cercueil en terre. Mais le fossoyeur arrête normalement de creuser lorsqu’il y touche. »

Selon Mme Champagne, lorsqu’une situation semblable à celle vécue par les Ménard jeudi survient, la famille doit être avertie afin de remettre les objets funéraires en terre cérémonieusement.

« Si je n’étais pas venue ce soir ou si une toile avait caché le tas de terre, mon grand-père serait resté sur le tas et ce serait fait bardasser samedi. Nous sommes en 2018. Je comprends que dans l’ancien temps ça pouvait arriver, mais maintenant ce n’est plus acceptable », a affirmé Nathalie Ménard.

Élyse Champagne promet de faire tout en son pouvoir pour éviter de tels désagréments. « Beaucoup d’efforts ont été investis pour changer l’image du cimetière. Je dis toujours aux employés qu’ils doivent travailler comme s’il s’agit de leurs propres parents. »

L’urne du grand-père de Nathalie Ménard a finalement été déposée au charnier en attendant la cérémonie entourant le décès de son père. L’organisation du cimetière s’est engagée à couvrir tous les frais de l’enterrement à venir et, après quelques négociations, à trouver une nouvelle urne pour remplacer celle brisée par l’exhumation.

Des précédents
Mme Ménard précise toutefois qu’il ne s’agit pas de la première mésaventure connue par sa famille au cimetière Mgr Pelletier.

« J’en ai discuté avec ma mère et elle s’est souvenue que lorsqu’on a enterré sa mère, le trou avait été creusé au mauvais endroit et ils ont dû le reboucher pour creuser à côté », a-t-elle raconté.

Mme Ménard avoue avoir jonglé avec l’idée d’intenter des poursuites contre les cimetières catholiques de Granby, mais a finalement accepté leur proposition de couvrir les frais d’enterrement.

« Ce n’est pas une question d’argent, mais de respect envers les défunts. C’est déjà difficile de vivre un deuil. Et si ça nous est arrivé, combien d’autres familles risquent de vivre la même chose ? »